L. 577.  >
À Claude II Belin,
le 15 septembre 1659

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Monsieur, [a][1]

Je vous dirai pour nouvelles de la cour que le roi [2] est toujours à Bordeaux, que les entrevues seront bientôt finies et qu’aussitôt, le cardinal [3] reviendra trouver le roi à Bordeaux, et M. le maréchal de Gramont [4] partira pour aller en Espagne quérir l’infante [5] et l’amènera au roi. On dit que tout est accordé, mais que le parti du prince de Condé [6] ne lui est pas fort avantageux. Mme la maréchale de Guébriant [7] est morte à Périgueux en quatre jours. Elle avait le brevet de dame d’honneur de la reine future. Elle doit plus de 100 000 écus, mais la reine [8] lui doit 40 000 pistoles qu’elle lui prêta l’an 1649 au siège de Paris. [1] M. Le Roy, [9] premier commis de M. Le Tellier, [10] secrétaire d’État, est mort à Amboise ; [11] c’est une charge de 30 000 livres de rente. Avant-hier M. d’Aguesseau [12] mourut à Paris, maître des requêtes, du vin émétique [13][14] de Béda, [15] sieur des Fougerais, insignis agyrtæ et impudentissimi nebulonis[2] Le roi n’ira point à Toulouse, [16] on croit néanmoins qu’il ne sera guère ici qu’à la fin de décembre. [3] Je suis bien aise que M. Barat [17] soit échappé de son mal, je vous prie de lui faire mes recommandations. Je fais grand état d’honnêtes gens comme lui, rari quippe boni ; doleo acriter ac ægre fero, quod tam multa liceant improbis ac agyrtis in arte nostra[4][18][19] Henricus Citadinus est un jeune homme de Paris, nommé Henri Bourgeois, [20] qui est médecin en quelque petite ville de Bourgogne. Son livre est intitulé Henr. Citadini Paradoxum recte iudicasti orthodoxum de natura sanguinis, in‑8o ; [5] je ne l’ai point encore, vidi tamen[6] On imprime ici un in‑4o, Gorræi Opuscula medica[7][21] cela sera bon. Un jésuite nommé Lescalopier [22] y fait imprimer un in‑fo qui sont des commentaires in Ciceronem, de Natura deorum[8][23] On fait en Hollande un nouveau Rabelais [24] qui sera de belle édition. J’attends le mois prochain Melch. Sebizii Speculum medico-practicum in‑8o, et Epistolæ Thomæ Reinesii et Casp. Hofmanni [25][26][27]  in‑4o. On imprime à Rome en quatre tomes in‑fo le Ciaconius, de vitis pontif. Rom. et cardinalium [28] continué jusqu’en ce temps ; il y aura bien là de la fourberie car c’est un jésuite qui fait tout. [9] M. Huguetan [29] de Lyon a imprimé Tamburinus in Decalogum in‑fo[30] c’est un livre pire que l’Apologie du P. Pirot [31] qui a été tant de fois censurée ; [10] il est ici mort depuis d’un cancer [32] sur la langue, ea parte periit qua peccaverat[11] Je vous prie de faire mes très humbles recommandations à M. Copois, le conseiller, qui m’a fait l’honneur de me venir entendre au Collège royal[33][34] Te filiumque tuum saluto. Vale.

Tuus ex animo, Guido Patin. [12]

De Paris, ce lundi 15e de septembre 1659.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 15 septembre 1659

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(Consulté le 23.10.2019)