L. 774.  >
À Charles Spon,
le 25 mars 1664

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Monsieur, [a][1]

Je vous ai écrit par la voie de M. Falconet, le 18e de mars, deux lettres avec une feuille imprimée de L’Hérésie imaginaire[1] Depuis ce temps-là, j’apprends que l’on imprime ici L’Homme de M. Descartes[2][3] in‑4o en français, avec quelques figures, [2] et que nous aurons bientôt un nouveau livre in‑8o du P. Labbe, [4] jésuite, qui sera intitulé Bibliotheca bibliothecarum[3] mais je ne sais pas encore ce que c’est.

On dit que M. de Belleval, [5] médecin de Montpellier, [6] est mort et que le roi [7] a donné la charge de chancelier à M. Vallot : [8] habenti dabitur : [4][9][10][11] il est docteur de Reims, [12] le voilà chef de Montpellier ; ainsi la fortune de la cour fait tout. On cherche ici un médecin qui veuille aller en Pologne, mais on dit qu’il faut qu’il soit astrologue, chimiste et qu’il ne saigne guère. Je suis d’avis qu’on leur en fasse un tout exprès car Galien [13] ne leur serait point propre ; si ce n’est que l’on < en > trouve un tout fait à la foire Saint-Germain. [14] Je viens d’apprendre que M. Benoît, médecin de Saumur, [15] est mort subitement [16] deux heures après avoir bien déjeuné. Il est vrai qu’il était fort vieux et très blanc. C’est celui qui nous a donné le Pindare [17] et le Lucien, [18] grec-latin. [5]

Ce 25e de mars. M. Ménage a dit aujourd’hui à un homme de mes amis que son Diogenes Laertius [19][20] est parti d’Angleterre et qu’il y en a 60 exemplaires en chemin ; mais qu’il a grand regret que cette édition est si fort pleine de fautes typographiques. [6] Cela pourra bien empêcher du monde de l’acheter, joint qu’il sera bien cher. M. Tann. Le Fèvre [21] de Saumur s’en va faire imprimer en français la vie des poètes grecs qu’il a composée en faveur d’un grand qui l’en a prié. [7] J’apprends que Schroderus, auteur de la Pharmacie latine[8][22] est mort depuis peu à Francfort. On ne parle ici que de larrons domestiques et voleurs de grands chemins, de telle sorte que les prisons en sont pleines. Le roi a tout nouvellement fait une suppression de 210 secrétaires du roi. On parle maintenant de réformer et retrancher les greffiers, qui ne sont pas les moins larrons du royaume. [9][23] Qui pourrait réformer les apothicaires [24] et les procureurs, et même tant de juges et de médecins ignorants qu’il y a en France, obligerait fort le public. On parle ici d’un nouveau tome de lettres françaises, de M. de La Chambre, [25] qui sera in‑12o[10] Il fait ici froid comme en hiver et y a fort peu de malades, mais je pense que le mois de mai prochain en amènera. Te et tuam saluto[11] avec MM. Falconet, Gras, Garnier, MM. les deux Huguetan, Ravaud, Peloutier et Gonsebac. Vale, et me ama.

Tuus ex animo, Guido Patin.

Parisiis, die Martis, 25. Martii, 1664[12]


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 25 mars 1664

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(Consulté le 20.08.2019)