L. latine 191.  >
À Christiaen Utenbogard,
le 16 avril 1662

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[Ms BIU Santé 2007, fo 133 vo | LAT | IMG]

Au très distingué M. Christiaen Utenbogard, à Utrecht.

Très distingué Monsieur, [a][1]

Je vous ai précédemment écrit par l’intermédiaire de Daniel Elsevier d’Amsterdam, à qui j’ai aussi confié un paquet à vous remettre. [1][2] Après que vous l’aurez reçu, vous m’indiquerez, par l’intermédiaire de notre ami M. Vander Linden, [3] ou par quelque autre voie sûre, telle que M. de La Fontaine, [4] médecin d’Amsterdam qui est votre ami et le mien, ce qu’il y manque ou si vous en désirez plus. Comment M. Marten Schoock se porte-t-il donc ? N’a-t-il pas reçu la lettre que je vous avais envoyée vers la fin de janvier ? [2][5] Outre ce que je vous ai naguère écrit des livres qu’il a produits depuis quelques années, j’ai ici le tome i de ses Orationes, publié en 1650 ; un second tome a-t-il été mis au jour ? J’ai aussi de lui une première partie de Scepticismo, n’a-t-il pas publié la seconde ? Je désire également que vous me disiez s’il a publié autre chose depuis le livre de Cervisia qu’il m’a dédié. [6] Il promettait un livre de Fermentatione : c’est un sujet obscur et ardu, qui manque d’une savante plume telle qu’est celle de Marten Schoock, avec aussi la précision de son examen et l’acuité de son jugement. [3] Un de mes amis partira dans quelques jours en Hollande et séjournera à Leyde ; il donnera de ma part six pistoles espagnoles à l’excellent M. Vorst, [7] qui est docteur en médecine et professeur de botanique en l’Université de Leyde, et qui aura soin de vous les remettre aussitôt qu’il les aura reçues ; mais quand vous les aurez reçues, vous les transmettrez, s’il vous plaît, audit M. Marten Schoock avec un petit mot de lettre où je demande à cet honnête homme qu’il veuille tenir mon petit présent pour agréable, non pas tant en raison de son montant, dont j’avoue qu’il est indigne de lui, que pour lui porter le témoignage certain et tangible de ma gratitude pour son livre. [4] Si je puis quelque chose d’autre en sa faveur, je suis disposé à lui offrir plus et mieux quand il s’en présentera quelque occasion favorable. Vous le saluerez donc de ma part, et aussi respectueusement et obligeamment que je puis. Faites donc en sorte que ces six pistoles lui soient offertes aussi vite et même aussi sûrement que vous pourrez ; et ainsi vous me lierez à vous par une très grande faveur, que j’apprécierai toute ma vie et dont je me souviendrai toujours avec reconnaissance ; et je vous en rendrai la pareille chaque fois que je le pourrai.

De Paris, ce dimanche 16e d’avril 1662.

Portez-vous bien, mon cher ami ; portez-vous bien, vous qui êtes l’ornement de mon existence, l’étoile des amis ; portez-vous bien, très éminent Monsieur, et continuez de m’aimer comme vous faites, quoique je ne le mérite pas.

Votre Guy Patin de tout cœur.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Christiaen Utenbogard, le 16 avril 1662

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(Consulté le 16.10.2019)