L. latine 202.  >
À Christiaen Utenbogard,
le 10 juillet 1662

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[Ms BIU Santé 2007, fo 110 vo | LAT | IMG]

Au très distingué M. Christiaen Utenbogard, à Utrecht.

Très distingué Monsieur, [a][1]

J’ai reçu votre dernière datée du 22e de juin. Elle ne m’a pas peu réjoui en m’apprenant que vous êtes en vie et vous portez bien, que vous avez été fait chanoine de Sainte-Marie (coutume dont j’ignorais l’existence dans votre pays), [1][2] et qu’Elsevier vous a remis le paquet de livres que je vous avais envoyé. [3] La cupidité des marchands ne me surprend pas, elle emportera la palme partout sur terre ; vous en avez l’explication dans Cicéron, au livre ii de Officiis, où il dit Nihil ingenui habet officina[2][4] Je prendrai soin du jeune chirurgien de chez vous qui m’a remis votre lettre ; j’irai lui rendre visite chez l’hôte chirurgien qui le loge et le lui recommanderai de la meilleure façon ; [3][5][6] et s’il a besoin d’aide ou d’attention, je ne manquerai pas de lui rendre service, car tout ce que vous me recommandez me sera toujours très cher. Je souhaite que le paquet que vous avez reçu vous plaise, et vous enverrai d’autres choses si vous m’en faites la demande. Comment notre ami M. Marten Schoock se porte-t-il, et que pouvons-nous encore espérer de son livre de Fermentatione ? [7] S’il veut envoyer son fils aîné à Paris pour étudier et apprendre la langue française, je le recevrai dans ma maison comme le fils d’un ami. [4][8] Je l’y nourrirai pendant six mois et il visitera toute notre cité, qui est grande et très peuplée, sans rien dépenser car il sera mon pensionnaire bienvenu et gratuit. Je vous prie en tout cas de présenter mon offre à son très savant père, qui nous l’enverra quand il voudra. Et qu’il n’aille pas craindre d’être affamé, étant donné que, par une singulière grâce de Dieu, nous avons sous la main tout ce qui est requis pour chasser la faim : du vin dans le cellier, du blé dans le grenier et de l’argent pour ce qui est nécessaire [Ms BIU Santé 2007, fo 111 ro | LAT | IMG] à l’existence. Quatre docteurs en médecine de notre Compagnie sont ici morts récemment, partis là unde negant redire quemquam[5][9] Ce sont Robert Tullouë, âgé de 78 ans, [10] Jean de Bourges, 67 ans, [11] Jean Des Gorris, 85 ans, [12] et Jean Chartier, professeur royal, 52 ans. [13] Je salue votre noble compatriote M. Godin [14] et nos autres amis, en particulier M. Canter [15] qui m’a écrit pour ce chirurgien de chez vous ; je lui répondrai plus tard car aujourd’hui je n’en ai pas le loisir. [6] Portez-vous bien, très distingué Monsieur, et continuez de m’aimer.

De Paris, le 10e de juillet 1662.

Vôtre de tout cœur, Guy Patin.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Christiaen Utenbogard, le 10 juillet 1662

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(Consulté le 13.12.2019)