À Christiaen Utenbogard, le 10 juillet 1662
Note [1]

L’Église métropolitaine d’Utrecht comptait alors cinq chapitres : Saint-Martin, Saint-Sauveur, Saint-Pierre, Saint-Jean et Sainte-Marie.

Dégoûté des querelles attisées entre les calvinistes hollandais par Gisbertus Voetius, Christiaen Utenbogard (v. sa lettre du 21 août 1656) avait apparemment épousé un autre parti protestant. L’Avant-propos de l’Histoire des révolutions de l’église d’Utrecht, par le comte Louis Mozzi, chanoine de la cathédrale de Bergame. Tome premier (Gand, P.J. van Ryckegem, 1828) a résumé l’expansion du jansénisme à Utrecht, qui commença en 1663 avec la nomination du nouveau vicaire apostolique de la Mission de Hollande, Johannes van Neercassel (1625-1686), évêque in partibus de Castorie en 1662 et ami d’Antoine Arnauld :

« Mais peu contents de gouverner en paix le petit troupeau dont ils se sont constitués les chefs, et de braver les foudres de Rome, les sectaires d’Utrecht se sont trop occupés des affaires du peuple catholique, avec lequel ils sont appelés à vivre. […]
Si nous voyons aujourd’hui encore cette faction, considérablement affaiblie, multiplier ses efforts contre les catholiques, quels troubles ne dut-elle pas exciter parmi les fidèles quand, forte de ses liaisons avec les réfractaires de tous les pays et de la protection que lui accordaient sans peine des magistrats protestants, elle osa braver ouvertement, dans ce pays, l’autorité du Saint-Siège ? Utrecht était devenu le point de ralliement des appelants {a} français et de tous ceux que leur attachement aux doctrines de Jansenius, et leur opiniâtre résistance aux décrets du Saint-Siège, forçaient d’abandonner leur patrie et de chercher ailleurs un asile. De ce boulevard élevé contre Rome, le parti ne cessait de répandre au loin ses doctrines subversives, et de travailler à grossir partout le nombre de ses adhérents. »


  1. « Nom donné aux évêques et aux prêtres qui avaient interjeté appel au futur concile de la bulle Unigenitus [1713] » (Littré DLF).

En somme et peut-être sans encore s’en douter, Utenbogard passait d’un brûlot religieux dans un autre, en allant de Voetius à Jansenius (sans toutefois devenir lui-même catholique janséniste).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Christiaen Utenbogard, le 10 juillet 1662. Note 1

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(Consulté le 25.09.2020)

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