L. latine 231.  >
À Sebastian Scheffer,
le 8 mars 1663

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[Ms BIU Santé 2007, fo 138 vo | LAT | IMG]

Au très distingué M. Stephan Scheffer, [1] docteur en médecine à Francfort.

Très distingué Monsieur, [a][1]

J’ai reçu votre dernière hier matin et y réponds brièvement. Je me réjouis vraiment que vous soyez en vie et vous portiez bien. Dieu fasse que ce soit pour de nombreuses années, avec votre jeune femme que je salue de tout cœur. Je vous ai récemment écrit par l’intermédiaire de notre ami de Metz, [2] il m’a solennellement garanti que vous recevriez ma lettre. Vous y trouverez mon portrait imprimé sur papier que vous aviez demandé, fait il y a 30 ans. [2][3] J’y aurais aussi joint mes jetons en argent et en bronze si un ami ne m’avait prévenu qu’il pourrait se faire que ma lettre disparût à cause d’eux ; [4] mais vous les recevrez tous deux parmi tout ce que je vous enverrai par l’intermédiaire de M. Öchs le jeune quand il s’en retournera. [5] Si votre graveur n’est pas trop pressé, je prendrai soin avant Pâques de me faire dessiner un nouveau portrait par un autre artiste et pourrai alors vous l’envoyer, avec aussi mon éloge, s’il en a besoin. [3] Je ne me fais pas de souci pour l’opuscule du très distingué M. Hofmann, faites donc comme vous l’entendrez. [4][6] Je salue M. Mocquillon. [7] Je n’ai pas encore reçu l’ouvrage de Vorburg en raison de la quantité de glace qui a bloqué jusqu’ici le cours des fleuves ; le temps devenant meilleur et plus doux, j’espère néanmoins qu’il m’arrivera bientôt. [5][8]

[Ms BIU Santé 2007, fo 139 ro | LAT | IMG]

J’ai vu M. Öchs et dîné avec lui ; je l’ai aussi remercié de m’avoir remis votre présente. Il m’a assuré qu’il quitterait Paris dans le mois qui vient pour rentrer dans votre pays ; je lui donnerai à vous porter ce que je pourrai trouver. Après que vous m’aurez fait connaître ce que M. von Vorburg veut ou cherche à obtenir de moi, j’aurai soin qu’il ne regrette pas le cadeau qu’il m’a envoyé, et consacrerai toute mon énergie à le satisfaire. Mes deux fils vous saluent, [9][10] et moi, je salue ce vénérable vieillard qu’est Monsieur votre père. [11] On dit que le différend de notre roi avec le pape est réglé et la guerre d’Italie écartée. [6][12][13] Nicolas Fouquet, [14] jadis notre surintendant des finances, demeure emprisonné, et hormis Dieu et le roi, [15] nul ne sait ce qu’il adviendra de cette affaire ; la plupart des gens ont pourtant bon espoir qu’il sera acquitté grâce à l’intercession des reines. [16][17] Les partisans, voleurs publics qui ont naguère tondu toute la France, sont traînés en masse devant le tribunal que le roi a instauré pour les punir, et déjà quelques-uns ont été condamnés ; mais d’autres en bien plus grand nombre restent à condamner et sont emprisonnés en attendant. La Chambre de justice y travaille tous les jours[7][18] La nouvelle édition grecque et latine de l’Arétée, avec la traduction et les notes de Pierre Petit, avance lentement. [19][20] On attend ici dans le mois qui vient le Cardan complet de l’édition de Lyon. [8][21] Portez-vous bien et aimez-moi. Si j’ai plus à vous écrire, je le ferai par l’intermédiaire de notre ami Sebastian. [22]

De Paris, le 8e de mars 1663.

Vôtre de tout cœur, G.P.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Sebastian Scheffer, le 8 mars 1663

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(Consulté le 16.10.2019)