L. latine 239.  >
À Sebastian Scheffer,
le 17 avril 1663

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[Ms BIU Santé 2007, fo 143 vo | LAT | IMG]

Au même Sebastian Scheffer, à Francfort.

Très distingué Monsieur, [a][1]

Votre autre lettre vient de me parvenir et je vous remercie. Vous l’avez écrite le 18e de mars et je l’ai reçue le 12e d’avril : le Seigneur en soit loué. Ne vous souciez pas des frais de transport : je trouverai des voies appropriées que nul ne connaîtra ; ne négligez pourtant ni M. Öchs le jeune, [2] ni Sebastian [3] ni les de Tournes : [4] c’est à eux que vous pourrez confier les lettres à me remettre quand ils viendront chez nous, tout comme à M. Mocquillon, [5] que je salue, quand il s’en retournera à Paris. Je louerai tant que je pourrai le grand ouvrage historique de M. von Vorburg, [6] en public, en privé et partout, recommandant à tous son mérite et sa valeur. Je vous remercie aussi pour cette faveur que vous m’avez faite auprès de votre graveur. [1] Le très distingué M. René Moreau, [7] natif d’Anjou, docteur en médecine de Paris et professeur royal, a écrit les vies de certains médecins de notre Compagnie comme, par exemple, Pierre Brissot, [8] Jacques Sylvius, [9] Barthélemy Pardoux, [10] Guillaume de Baillou ; [11] il songeait même à y en ajouter d’autres, mais ne l’a pourtant jamais pu, car s’alourdissaient le poids des années et le fardeau de ses occupations, dont cet excellent et très éminent homme {était presque} n’était pourtant pas écrasé. [2] Je n’ai jamais vu le livre de Remacle Fuchs ; [12] je n’ai pas celui de Symphorien Champier et n’en ai que faire ; [3][13] Pierre du Châtel, médecin flamand, a écrit un livre sur les vies des médecins illustres, qui a été publié à Anvers in‑8o, mais sans aucun portrait gravé ; [4][14] on dit que le très distingué M. Thomas Reinesius,  [15] votre compatriote, médite aussi quelque chose de tel. [5] Je salue le très distingué M. Johann Daniel Horst, [16] ainsi que Monsieur votre père, ce vénérable vieillard. [17] On ne parle ici d’aucune guerre, que ce soit contre le pape [18] ou contre l’empereur. [19] On sévit pourtant durement contre les trésoriers royaux qui, ces dernières années, ont abusé le roi avec des brevets falsifiés et, comme fraterculi gigantum[6][20] ont dévoré le misérable peuple et ont même pillé la France tout entière. Je ne veux pas omettre que le très distingué < Johann > Heinrich Meibomius, [21] médecin de Lübeck, qui nous a donné avant sa mort un Mæcenas, un savant Commentaire in Jusjurandum Hippocratis, etc., [22][23] a écrit un livre de Vitis medicorum de tous les temps, depuis la naissance du Christ jusqu’au xve s. ; mais ce si précieux ouvrage demeure à l’état de manuscrit chez son héritier et très savant fils que j’ai rencontré ici il y a quatre mois ; [24] il est reparti en Allemagne en passant par l’Angleterre et la Belgique ; dans quelques mois il sera fait professeur à Helmstedt, [25] où cet excellent livre pourra être imprimé l’an prochain ; Dieu fasse que nous le voyions. [7][26][27] Le Cardan complet est enfin achevé, [28] nous l’aurons ici avant 15 jours ; M. Ravaud, libraire de Lyon, [29] m’est venu voir aujourd’hui et me l’a dit ; ce seront dix tomes reliés ensemble, soit un ouvrage volumineux et fort coûteux. [8] Notre Chambre de justice continue fortement contre les partisans ; [9][30] c’est-à-dire contre les publicains et voleurs publics, horribles pillards fort impies du bien public et du trésor royal. Portez-vous bien et aimez-moi.

De Paris, ce mardi 17e d’avril 1663.

Vôtre de tout cœur, Guy Patin.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Sebastian Scheffer, le 17 avril 1663

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(Consulté le 28.11.2020)