L. reçue 11.  >
De Claude II Belin,
le 4 mars 1657

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Monsieur, [a][1][2]

J’ai acheté du libraire les thèses dont je vous ai envoyé le catalogue. Je vous aurais envoyé les dix que vous désirez par le coche qui partit hier de ce pays si j’y eusse trouvé quelqu’un de ma connaissance ; ce sera sans remise par le premier qui partira ; et s’il y en a quelque autre qui vous plaise, maintenant qu’elles sont en mon pouvoir, elles sont à vous. Si c’est pour de l’argent que les jésuites ont obtenu leur rétablissement dedans Venise, [3] ils en pourront bien faire un jour autant en ce pays, quoique tous les honnêtes gens nigrum hoc agmen imprimis oderint[1][4] mais que faire à ce malheur que de s’écrier O tempora, o mores ! [2] Plût à Dieu que je tinsse la langue du dernier, le monde serait bientôt délivré des persécutions qu’il souffre par ces gens-là. J’ai été bien aise de lire les Lettres de Casaubon [5] que j’ai reçu depuis peu d’Allemagne : [3] ils sont là accommodés comme ils le méritent ; mais je me trompe, un collier de pantagruélion [6][7] ferait justement leur affaire. [4] La médecine ne fait pas une petite perte en la mort de M. Riolan [8] et je ne doute pas que beaucoup de personnes ne regrettent un si grand homme aussi bien que je fais. La perfection où il a porté l’anatomie fera que l’on se souviendra de lui dum iuga montis aper, fluvios dum piscis amabit, etc., [5][9] ou plutôt tant qu’il y aura des hommes savants dans le monde. Je vous prie, s’il y a quelque chose sur sa mort, de m’en faire participant, aussi bien que sur celle de M. Moreau. [10] L’on nous apprend que Mme de Mercœur [11] pari fato periit [6] que la duchesse de Lorraine, [12] ex stibio scilicet[7][13] Je me souviens de deux bonnes pièces qu’a promises feu M. Moreau : les Commentaires sur les problèmes d’Alexandre < d’ >Aphrodisée et un traité de Placentis ; [8] qu’en sera-t-il, ces œuvres se sont-elles trouvées achevées, son fils les mettra-t-il en lumière ? [14] La version de l’Histoire de M. de Thou n’est-elle pas de M. Du Ryer ? [15][16] Il y a des pages entières dans le latin qui sont tournées à la lettre de l’Histoire de La Popelinière. [9][17] L’on dit ici qu’il y a auprès de Paris une fille simple qui < reste > des 30 et 40 jours sans boire ni manger, qu’elle a un stigmate au côté qui ressemble à une croix, par où elle rend du sang. On ajoute que le théologal de Notre-Dame de Paris [18] la retient chez lui pour en découvrir la vérité. En savez-vous quelque chose ? [10] Mon fils vous baise très humblement les mains, comme moi, qui suis de toute mon âme, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur,

Belin.

De Troyes, ce 4e de mars 1657.

Vous nous permettrez de saluer Messieurs vos fils.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – De Claude II Belin, le 4 mars 1657

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(Consulté le 14.12.2019)