L. latine reçue 23.  >
De Thomas Bartholin,
le 30 septembre 1663

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[Bartholin c, page 506 | LAT | IMG]

À Guy Patin, à Paris. [a][1][2]

L’éminent M. Biermann [3] m’a remis vos très agréables lettres avec un paquet de livres parfaitement bien choisis, dont je vous remercie énormément, ainsi que vos très distingués fils ; [1][4][5] et en tout premier M. Charles Patin, ce jeune adolescent que j’ai jadis entendu disputer avec talent au Collège de Presle-Beauvais, [6][7] ainsi que je l’écrivis à de Wale dans la lettre lxxiii de ma première centurie. [2][8] Je vous prédis la félicité, éminent Monsieur, car votre propre renom et celui de vos très distingués fils vous rendront illustre. [3] Afin de ne pas être ingrat, je vous renvoie des livres en échange des vôtres, sans pourtant qu’ils les vaillent, en nombre comme en prix ; mais les voici tels qu’ils ont paru il y a peu chez nos libraires : mes deux [Bartholin c, page 507 | LAT | IMG] premières Centuriæ epistolarum, ma Diatribe de pulmonibus[4][9][10][11] le Cælum Orientis de notre collègue Bangius, [5][12] la thèse de Vinding de linguæ Græcæ et Ægypticæ Affinitate[6][13] un autre de mes collègues, l’Anatomia Bilsiana de Jakob Henrik Pauli, professeur d’anatomie, [7][14][15] avec d’autres ouvrages que vous prendrez en bonne et juste part comme venant d’un ami reconnaissant. Je me réjouis que par l’heureux emploi de notre art divin vous ayez tiré le très noble Rosenkrantz de la gorge de Pluton ; [16][17] il vous doit pour cela un coq, comme à un autre Esculape. [8][18] Plutôt qu’extravaguer, j’aimerais apprendre de vous comment les affections de l’abdomen se transmettent aux poumons. Je connais des conduits qu’ils partagent, mais avoue mon ignorance quant à l’existence possible d’autres communications. Chez ceux qui toussent, votre Merlet fait provenir un crachement de pus des parties inférieures, mais il n’en connaît pas le cheminement. [9][19] Le fait s’expliquerait chez les oiseaux, car il existe en eux un passage ouvert dans la partie inférieure du thorax. Dieu seul sait s’il y en a un semblable chez l’homme, necdum enim hæc sacra tradita sunt, Eleusis servat quod ostendat revisentibus[10][20][21] Votre Baillou, au second livre de ses Ephemerides, a vu une dysenterie avec fièvre et putréfaction, mais il n’a pu la guérir. [11][22][23] Dans sa dissertation de Morbis hæreditariis, page 79, Lyonnet a observé chez votre roi très chrétien Louis xiii, qu’un flux de ventre purulent avait entièrement épuisé, que le poumon s’était dissous dans la purulence, que le foie était desséché, et que du pus s’écoulait du mésentère [24] [Bartholin c, page 508 | LAT | IMG] et du côlon. [12][25][26][27] Je me réjouis que l’événement ait été plus heureux pour notre Rosenkrantz et ne puis en être surpris, puisqu’il vous a pris pour médecin, vous à qui tant de mortels ici-bas doivent leur salut. Puisse Dieu conserver longtemps un si grand Esculape, pour nous et pour le monde entier. L’illustre Rosenkrantz, le père, [13][28] qui est le défenseur et l’amoureux des muses, semble avoir retrouvé le goût de vivre, tout à la joie de la vertu paternelle, comprenant que vos soins ont fait revenir son fils du seuil de la mort. Portez-vous donc bien, éminent Monsieur, et continuez de m’aimer, moi qui serai toujours à votre dévotion. Je salue obligeamment vos très distingués fils [29] et vos collègues.

Écrit de Copenhague, à la hâte, le 30e de septembre 1663.

Tout à vous, Thomas Bartholin.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – De Thomas Bartholin, le 30 septembre 1663

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(Consulté le 19.10.2019)