À André Falconet, le 18 septembre 1665
Note [1]

R. Patris Iacobi Bolduci Parisini ex S. Francisci Minorum Ord. Capucinorum nuncupato, prædicatoris Commentaria in librum Iob. Quibus præmissa Hebræi idiomatis accurata versione, eiusque perbrevi paraphrasi, variæ cum editiones, tum lectiones cum Vulgata collatæ, expenduntur : nec non idiotismi, phrases et singula textus vocabula, potissimum Hebræa diligentissime explanantur, ex iisque omnibus genuinus et primarius litteræ sensus tandem eruitur. Accedunt quinque Indices : Primus est rerum particulaium huius libri ; Secundus est dictionum Hebraicarum ; Tertius auctoritatum sacræ Scripturæ ; Quartus materiarum ; Quintus Gallicismorum, qui elucidationi deserviunt, vel elucidantur.
Claude sermones et signa librum usque ad tempus statutum, plurimi pertransibunt, et multiplex erit scientia. Daniel. 12.

[Commentaires du R. Père Jacques Bolduc de Paris, prédicateur de l’Ordre des frères mineurs de saint François qu’on appelle les capucins, {a} sur le Livre de Job. Ils sont introduits par la traduction exacte de l’idiome hébreux et, grâce à sa très courte paraphrase, ses diverses éditions et interprétations sont soigneusement comparées au texte de la Vulgate ; {b} les idiotismes, la syntaxe et tous les mots du texte, surtout hébreux, sont très diligemment expliqués et le sens littéral, originel et premier, de chacun d’eux est enfin mis au jour. Avec cinq index : 1. faits particuliers contenus dans le Livre de Job ; 2. mots hébreux ; 3. références à la Sainte Écriture ; 4. matières ; 5. gallicismes qui ont besoin d’être éclaircis et le sont entièrement.
Serre ces paroles et scelle ce livre jusqu’au temps de la fin. Beaucoup le scruteront et la connaissance s’accroîtra, Daniel, 12:4]. {c}


  1. Jacques Bolduc, Jacques de Paris en religion, né à Paris vers 1580, a composé plusieurs ouvrages de théologie « qui fourmillent de singularités et d’idées paradoxales » (G.D.U. xixe s.).

  2. V. note [6], lettre 183.

  3. Paris, Dionysius de la Noüe, 1619, in‑4o de 998 pages ; réédition augmentée parue à Paris, 1637, en 2 tomes in‑4o.

V. note [18], lettre 211, pour le commentaire du jésuite Juan de Pineda sur Job et son éléphantiasis. {a} « C’est, dit Bayle, une impudence scandaleuse que de dire que la maladie de Job était la grosse vérole. J’avoue que dans l’Église romaine il est le patron des vérolés, mais cela ne conclut rien pour l’autre supposition. » Citant ce passage de Guy Patin, Bayle ajoute (notes C et D) :

« Notez que l’on peut prétendre que Job aurait eu cette vilaine maladie, sans avoir commis aucun acte d’impureté qui la lui eût attirée.

Consultez le Diarium medicorum ecclesiasticum {b} de Molanus, vous y trouverez ces paroles sous le 10e de mai, fête de saint Job, Velunt nonnulli sanctum Iob pecularem patronum esse eorum qui lue venerea laborant aut eam curant ». {c}


  1. Bolduc parle de l’éléphantiasis {i} dans son commentaire sur un autre verset de Job (7:5, page 305), Cutis mea aruit, et contracta est [Ma peau se dessèche et rétrécit] ou Caro mea scidit se, et dissolvit se [Ma chair se fend, et se dissout] :

    Quibus verbis manifeste indicatur, elephantiasis signum ; sive cutis contractionem, sive eiusdem scissionem, aut dissolutionem spectes. Cutis enim contractione elephantiaci figura mutatur, resimatur nasus, et aures extenuantur, et inde satyri assumunt effigiem, et hæc affectio satyrismi, nomen habet, quod qui ea laborabant, satyris fiant vultu similes, teste Galeno. Qui et edocet quibusdam elephantiacis ulcera contingere : quod non aliter, quam scissione, vel dissolutione cutis fieri manifestum est.

    [Ces mots signent manifestement un éléphantiasis : tu y verras soit une contraction, soit une fissuration, soit une dissolution de la peau, car l’apparence de l’éléphantiasique est transformée par la contraction de sa peau, son nez se retrousse et ses oreilles s’affaissent ; cela lui donne la figure d’un Satyre, {ii} et cette affection porte le nom de satyrisme, car, au témoignage de Galien, ceux qui en sont atteints acquièrent les mêmes traits que les Satyres. Cet auteur enseigne aussi que des ulcères s’observent chez les éléphantiasiques, ce qui ne peut manifetement survenir que par la fissuration ou la dissolution de la peau]. {iii}

    1. Ancien nom de la lèpre, v. note [28], lettre 402.

    2. V. notule {a}, note [3] du Mémorandum 7.

    3. Il faut toute la mauvaise foi de Patin pour en déduire que Job n’était pas atteint de lèpre, mais de syphilis, et que cette maladie existait depuis l’Antiquité dans l’Ancien Monde.
  2. « Calendrier ecclésiastique des médecins » (Louvain, 1595) de Johannes Molanus (Jan Vermeulen, 1533-1585), théologien catholique, professeur à Louvain.

  3. « Quelques-uns veulent que saint Job soit le saint particulier de ceux qui souffrent de la vérole ou qui la soignent. »

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 18 septembre 1665. Note 1

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(Consulté le 29.09.2022)

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