À Claude II Belin, le 13 avril 1641, note 11.
Note [11]

Depuis 1582, le Portugal avait été sous la tutelle de l’Espagne qui, depuis 1628, l’avait accablé d’impôts et d’emprunts forcés pour financer la politique continentale de Madrid. Des protestations s’étaient élevées, montrant l’incompréhension totale et mutuelle entre les deux royaumes : les Portugais réclamaient l’aide des Espagnols pour la défense ou la reconquête de leurs colonies, mais leur refusaient la leur pour leur politique étrangère. En 1637, la fiscalité et le zèle maladroit d’un corregidor avaient provoqué une insurrection à Evora qui avait duré plusieurs mois et fait tache d’huile. Des contingents espagnols avaient dû être envoyés en Alentejo et en Algarve pour la réprimer. Le ressentiment avait été très lourd, d’autant plus que don Gaspar de Guzmán y Pimentel, comte-duc d’Olivares (v. note [1], lettre 127), projetait son Unión de Armas et l’intégration totale du Portugal dans la monarchie espagnole. Olivares avait tenté de gagner le duc de Bragance (v. note [27], lettre 86), meneur de la révolte, en lui faisant confiance. Il le fit nommer gouverneur militaire du Portugal et lui envoya même quelques fonds destinés à la défense du pays, mais qui furent employés à des fins différentes. La crise catalane avait obligé Madrid à retirer la plupart des troupes castillanes cantonnées au Portugal ; et la coupe déborda lorsqu’Olivares exigea de la noblesse portugaise qu’elle se joignît à elles pour participer à la répression. Le soulèvement avait eu lieu le 1er décembre 1640 ; quelques heures avaient suffi pour éliminer l’autorité espagnole. Soutenu par l’archevêque de Lisbonne et par une partie importante de la noblesse, le duc de Bragance fut acclamé par les Cortes. Il devint le roi Jean iv, le premier de la Maison de Bragance qui allait régner sur le pays jusqu’au xxe s. (R. et S. Pillorget).

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 13 avril 1641, note 11.

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(Consulté le 26/02/2024)

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