À Charles Spon, le 14 juillet 1643
Note [11]

La biographie établie par de Salaberry (in Michaud, tome 32, pages 407‑408) diffère quelque peu des indications fournies par Guy Patin sur les deux évêques nommés Guillaume Pellicier, oncle et neveu.

Le neveu, Guillaume ii (Melgueil en Languedoc vers 1490-Saint-Mathieu-de-Tréviers près de Montpellier 1568), est celui qui eut la carrière la plus remarquable. Après avoir étudié le droit et la théologie, et parcouru la France et l’Italie, son oncle, Guillaume i, qui était évêque de Maguelone, le nomma chanoine de sa cathédrale.

Guillaume i avait été nommé évêque de Maguelone en 1498. En 1527, son grand âge « l’ayant porté à quitter son siège, son neveu fut nommé à sa place, quoique n’étant pas encore dans les ordres sacrés. Plein de respect pour son bienfaiteur, le nouvel évêque lui laissa l’entier exercice de l’autorité épiscopale jusqu’à sa mort, arrivée en 1529 ».

François ier chargea Guillaume ii de missions importantes : après avoir pris part à la conclusion du traité de Cambrai (1529), il suivit le roi à Marseille pour régler avec le pape Clément vii (v. note [50], lettre 292) le mariage du prince Henri (le futur roi Henri ii) et de Catherine de Médicis, nièce de ce pontife (1533), obtint du pape Paul iii en 1536 la translation de son siège de Maguelonne à Montpellier, fut nommé ambassadeur de France à Venise en 1540, réunit dans cette ville à grands frais un nombre considérable d’ouvrages grecs, syriaques, hébreux pour la Bibliothèque du roi, et revint dans son diocèse après la mort de François ier. Ses liaisons avec Ramus et son esprit de tolérance l’ayant fait accuser d’être favorable à la Réforme, il fut arrêté par ordre du parlement de Toulouse et emprisonné dans le château de Beaucaire ; mais vivement défendu par le clergé de Narbonne, il put se justifier des accusations portées à la fois contre ses doctrines religieuses et ses mœurs, et celui qui l’avait calomnié fut condamné à la peine capitale. Dans les dernières années de sa vie, il eut beaucoup à souffrir des troubles occasionnés dans son diocèse par les progrès des calvinistes et par les excès auxquels ils se livraient. Il vit sa cathédrale tomber en leur pouvoir et un grand nombre de ses églises détruites, implora le secours de Catherine de Médicis, dut se retirer à Aigues-Mortes, puis à Maguelone, et termina sa vie dans son château de Montferrand.

« L’histoire naturelle avait un attrait particulier pour lui. Il consacra ses loisirs à un commentaire de Pline, qui fut cité avec éloge du vivant même de l’auteur, mais qui n’a jamais vu le jour. […] Rondelet, qui fut son ami, reconnaît, dans son traité De Piscibus [Les Poissons], combien il doit aux encouragements et aux secours de Pellicier. »

Maguelone est aujourd’hui Villeneuve-lès-Maguelone, à 10 kilomètres au sud de Montpellier, au bord de l’Étang de l’Arnel.

Ni Michaud ni la Gallia Christiana ne parlent d’un mariage de l’un ou l’autre des deux Pellicier.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 14 juillet 1643. Note 11

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(Consulté le 26.01.2021)

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