L. 292.  >
À Charles Spon,
le 2 août 1652

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Monsieur, [a][1]

Je vous écrivis plein de douleur et accablé de regret de la mort de mon cher et précieux ami, M. Miron [2] le maître des comptes, qui a été un homme incomparable, le vendredi 5e de juillet qui est le même jour de sa mort, car il mourut le même jour à deux heures du matin entre mes bras. Ô le digne homme que c’était ! Mon Dieu que de malheurs pour un malencontreux ministre étranger ! Usquequo, Domine, usquequo ? [1][3] Il était tellement aimé et honoré que cent mille âmes lui sont venues jeter de l’eau bénite. Du même accident sont morts un maître des requêtes, M. Le Gras, [4] et M. < Le > Boulanger, auditeur des comptes ; [5] un conseiller de la Cour, nommé M. Ferrand le jeune, sieur de Janvry, [6] deux honnêtes marchands et le greffier même de l’Hôtel de Ville, nommé Le Maire, [7] qui est très malade de 14 plaies ; il y en a encore d’autres blessés. [2] Le samedi 6e de juillet, le prévôt des marchands [8] ayant peur d’être remarqué comme du parti de Mazarin, [9] envoya sa démission à l’Hôtel de Ville et aussitôt le duc d’Orléans [10] ayant fait assembler le Corps de Ville, en fit élire un autre, savoir M. de Broussel, [11] conseiller de la Grand’Chambre ; lequel, après l’avoir bien refusé, l’a enfin accepté, mais pour jusqu’à la mi-août seulement, et en a prêté le serment entre les mains du duc d’Orléans. C’est celui pour qui furent faites les barricades [12] l’an 1648, primus dies ille malorum[3][13]

On dit que les Normands ont grande envie de remuer pour Paris, d’autant que durant la guerre, leurs denrées ne se débitent point ici et leurs lettres de change ne s’y acceptent point. Je ne sais ce qu’ils feront, mais je n’ai point bonne opinion de leur secours : s’il nous en vient, il descendra de plus haut, rien ne réussira si Dieu ne s’en mêle tout de bon car les hommes sont trop méchants ; il y a toujours quelques députés qui vont et viennent dans une espérance de paix, mais ce n’est qu’abus et amusement. Les présidents au mortier du Parlement sont sortis de Paris de peur d’être maltraités comme mazarins. Néanmoins, il n’y en a pas un d’eux à Saint-Denis, [14] tous sont allés deçà et delà prendre l’air un peu loin de Paris. [4]

Le 10e de juillet. La cour menace fort Paris, je ne sais ce qui nous arrivera, je n’en attends rien de bien. Beaucoup de gens sortent d’ici funesto omine[5] Les princes sont toujours bien résolus, mais je ne sais d’où leur viendra de la force, il me semble que l’Archiduc [15] ne se hâte guère. Le roi et la reine d’Angleterre [16][17] s’en vont tous deux à Gaillon près de Rouen, [6][18] où elle le quittera et il s’en ira à Spa. [7][19][20] Delà il s’en ira en Danemark [21] où le roi est son parent : la femme du roi Jacques ier d’Angleterre [22][23] était de là. Ils sont allés pour prendre congé du duc d’Orléans qui ne les a point voulu voir et leur a mandé que jamais il ne les verra puisqu’ils ont préféré l’amitié du Mazarin à la sienne et au bien de toute la France (c’est qu’ils servirent tous deux à faire l’accord du Mazarin avec le duc de Lorraine). [8][24] Le roi d’Angleterre a témoigné le regret qu’il en avait par ses larmes et a dit qu’il ne verrait jamais le milord Germain qui lui avait conseillé cela. [9][25] Je ne sais ce que nous deviendrons, mais j’apprends que les troupes du duc de Lorraine, qui étaient sur la frontière, rebroussent et reviennent en deçà sans savoir encore pour quel parti des deux ce sera : les uns le prient, les autres le réclament. Deux choses pourtant me font croire qu’il ne fera jamais rien contre la reine, [26] dont la première est qu’elle peut lui faire rendre Nancy, [27] qui est ce qu’il désire fort ; la deuxième, que le roi d’Espagne [28] ne l’autorisera jamais de rien faire contre la reine sa sœur, laquelle fait pour lui en ruinant la France comme elle fait, sans qu’il en coûte rien audit seigneur, roi des Maures et des Marranes, [10][29] et ainsi, lui et elle se vengent sur la France. On parle aussi de l’Archiduc Léopold, duquel je ne fais point plus d’état, vu que c’est même nature de secours : s’il entre en France, ce ne sera que pour nous manger ; ainsi nous mettrons toujours la nappe et paierons les pots cassés. [11] Les princes et le Parlement ne laissent pas de s’assembler pour continuer d’obtenir l’expulsion du Mazarin ; mais s’ils ne vont autrement en besogne qu’ils ont fait jusqu’à présent, je ne pense pas qu’ils en viennent à bout car la reine demeure merveilleusement obstinée à la conservation de ce ministre. [12] Lequel se trouve fort surpris et affligé de ce que son neveu Mancini [30] se trouve en danger de la vie, d’une blessure qu’il a reçue dans la cuisse le jour de l’escarmouche du prince de Condé [31] avec l’armée du roi [32] où le marquis de Saint-Mesgrin [33] fut tué, la charge duquel avait été donnée à ce Mancini. [13] Les chirurgiens qu’on est venu quérir à Paris pour le panser ont jugé sa plaie mortelle et qu’il avait été fort mal pansé par ceux de la cour qui n’avaient pas reconnu l’importance de cette plaie. C’est d’un coup de mousquet dans la cuisse qu’il eut près de la porte Saint-Antoine [34] quand ce faubourg [35] fut attaqué par les turennes et mazarins pour y attraper les gens des princes, il y a environ 15 jours. Ce fut le 2d de juillet.

Ce 13e de juillet. Il y a ici un médecin par quartier de chez le roi nommé M. Esprit, [36] qui est fils d’un médecin de Béziers, [14][37][38] lequel offre 10 000 écus de la charge de médecin de M. le duc d’Anjou. [39] C’est avoir grande envie d’avoir de l’emploi à la cour de donner plus que son vaillant pour y être occupé, [15] et principalement en ce temps présent que les officiers son si mal payés de leurs gages et de leurs pensions, et qu’il n’y a pas grande apparence que le tout puisse être bientôt rétabli. On dit que le roi d’Espagne, à la prière du prince de Condé, a remis en liberté M. de Guise [40] et qu’il l’a rendu à des Espagnols qui l’ont amené jusqu’à Bourg, [41] où il doit être tout à fait élargi dès que le prince de Condé l’aura demandé. [16]

Les nouvelles de la cour portent que le roi s’en va à Pontoise [42] et à Mantes, [43] et que la plus grande part de l’armée s’en va en Picardie pour s’opposer aux troupes qu’envoie l’Archiduc Léopold, qui a ramassé ce qu’il a pu pour faire un corps d’armée considérable, pour venir secourir les princes ; à quoi se rejoignent aussi 4 000 hommes que l’on tient de l’armée du duc de Lorraine, mais j’ai peur que tout ce secours ne soit encore qu’un galimatias de princes qui sont ravis de continuer la guerre.

Ici sont arrivés tout fraîchement huit grands bateaux de blé que le Mazarin a eu la charité de laisser passer, moyennant 8 000 écus qu’il s’est fait donner pour le travers par les marchands, qui ont grande hâte de débiter ici leurs denrées. [17][44]

Je suis tout triste dans le moment que je vous écris, non pas de la guerre et des désordres qu’elle cause, j’y suis tout accoutumé, ni des ravages que font les Espagnols en notre pays de Picardie, cela est au-dessus de moi, ni du tort que j’ai reçu au pillage de ma maison des champs [45] où la perte est fort grande, du 4e de ce mois. [18] Tout cela est au-dessous de mon esprit, je laisse le bien où la Nature l’a mis, sous mes pieds et dans les entrailles de la terre. La cause de mon affliction est plus sensible que tout cela, c’est que M. Naudé, [46] mon bon ami, se va séparer de nous et part dans trois jours pour s’en aller en Suède en qualité de grand bibliothécaire de la reine. [47][48] Le voyage est grand, long et pénible. J’ai 50 ans passés et lui, plus vieux que moi de trois ans, il peut n’en jamais revenir et moi mourir sans jamais le revoir. Mon âge me porte à penser à la retraite, combien que je ne sente encore rien ex quo possim ipsum senium trahere in crimen ; [19] mais néanmoins, fæx illa sæculorum ad quam Deus nos reservavit [20] est si pleine d’afflictions et de calamités qu’il me semble que j’ai raison de tout soupçonner. La mort de mon cher ami et bon voisin M. Miron m’a fort touché et même presque fait tourner la tête : Cum rapiant mala fata bonos, etc.[21][49] mais ce départ me renouvelle la douleur qu’une nécessité de mourir plus que fatale représentait en quelque façon excusable à mon esprit ; joint que ledit M. Miron était fort délicat et admodum raræ texturæ[22] Il avait été fort malade trois fois depuis deux ans et n’avait plus guère de quoi se promettre une plus longue vie que deux ou trois ans au plus, verum, quid faciam ? Sic fuit in fatis ut ille mihi præiret, tandem sequuturo[23]

Le mercredi 17e de juillet, le roi est allé à Pontoise laissant à Saint-Denis Messieurs les députés de la Cour que le prince de Condé fut dès le même jour requérir, et qu’il ne put obtenir à cause qu’ils avaient promis au roi de ne bouger de là jusqu’au jour suivant ; mais le lendemain, jeudi 18e, arrêt de la Cour ayant été donné pour les faire revenir et leur pouvoir étant révoqué, ce même prince se chargea de l’exécution et prenant avec soi 3 000 cavaliers, les alla quérir et les ramener presque en triomphe. [24] Ils étaient là en grand nombre, mais il y avait entre autres deux présidents au mortier qui sont de son parti, savoir MM. de Nesmond [50] et Longueil de Maisons ; [51] tous les autres sont absents, hormis M. de Bellièvre [52] qui est malade, aut saltem fingit[25]

Le roi et toute la cour sont encore à Pontoise, [26] d’où le roi a envoyé le comte de Quincé [53] à Rouen pour y traiter et y moyenner de l’entrée du roi. [27] Si cela se peut une fois faire, ils incommoderont fort Paris et se serviront du parlement de Rouen [54] pour casser nos arrêts, et tâcheront aussi d’y faire justifier le Mazarin ; mais d’ailleurs, ceux de Rouen ne débiteront point leurs drogues à Paris et n’en tireront point de bonnes lettres de change, ce qui ne se peut faire sans leur très grande incommodité.

Le jour que le roi partit de Saint-Denis, 17e de juillet, mourut le petit Mancini, neveu du Mazarin, de la blessure qu’il avait reçue à l’escarmouche qui fut entre les troupes du roi et celles des princes au faubourg Saint-Antoine, le 2d de ce mois. On dit qu’il était mort un jour devant. [28] Les chirurgiens de la cour, qui ne valent pas mieux que les médecins de ce pays-là, promirent guérison de ce mal, mais la gangrène [55] qui a succédé y a causé la mort. Il y avait un os fracassé d’un coup de mousquet d’où sont sorties force esquilles et des vers aussi en abondance. [29] S’il eût été enterré à Saint-Denis, le peuple de Paris y fût allé en foule et en fureur le déterrer et le traiter indignement, comme l’on fit celui [30] du marquis d’Ancre : [56] ceux de Saint-Denis ont dit qu’ils l’eussent mangé à belles dents si on leur eût laissé. On ne sait s’il était encore en vie ou déjà mort quand le roi sortit de Saint-Denis ; tout au pis aller, il était moribond. Il a été enterré à Pontoise dans l’église des jésuites. Ces sortes de gens savent faire profit de tout, et des vivants et des morts, Quod non capit Christus, rapit fiscus[31][57] Le samedi 20e de juillet, a été arrêt donné et publié en Parlement, en présence des princes, par lequel M. le duc d’Orléans a été déclaré lieutenant général de la Couronne, le roi prisonnier entre les mains de ses ennemis, le prince de Condé général des armées, etc. ; [32] que tous les parlements du royaume seront invités de donner pareil arrêt ; [33] que grande assemblée sera faite à l’Hôtel de Ville pour y confirmer l’union de la Ville de Paris avec le Parlement et les princes ; que les trésoriers et receveurs enverront ici leurs finances, etc. Enfin, après avoir longtemps marchandé, nous voilà en pleine guerre. Le duc d’Orléans s’en va dorénavant faire de nouveaux officiers de sa nouvelle dignité, savoir un garde des sceaux, quatre secrétaires d’État, un surintendant des finances, etc. Le duc d’Orléans a envoyé exprès à la cour donner avis au roi de cet arrêt, dont il attend réponse et après, on travaillera pour l’exécution. [34]

Le mardi 23e de juillet, ont été pendus dans la cour du Palais deux de ces boutefeux qui causèrent tant de désordres dans l’Hôtel de Ville et dans la Grève, [58] le 4e de juillet. Le droit du jeu était que l’exécution se fît à la Grève, mais on n’a osé l’entreprendre de peur de quelque nouveau tumulte. [35]

Le dimanche 21e de juillet, je fis dans le chapitre de Notre-Dame [59] une harangue de la présentation de nos licentiandes au chancelier de l’Université, [60] ut moris est, præsentibus Canonicis beatæ Mariæ et Collegis nostris[36] J’en suis quitte, nous allons bientôt faire leurs licences, [61] et puis après j’aurai un peu plus de repos.

M. Naudé est parti d’ici pour son voyage de Suède le dimanche 21e de juillet. Il s’en va par Leyde [62] où il verra M. de Saumaise. Nous nous sommes dit adieu tous deux l’un à l’autre avec beaucoup de regret, cette séparation m’a semblé fort rude. Puisse-t-il faire bon voyage, il me semble que j’aurai beaucoup gagné si je puis jamais avoir le bonheur de le revoir de deçà car il n’y a point d’apparence que j’aille de delà.

Le vieux bonhomme M. Du Moulin, [63] ministre de Sedan, [64] a depuis peu et tout fraîchement fait imprimer une nouvelle décade de sermons que l’on attend ici ; [37] et M. Amyraut, [65] ministre à Saumur, [66] a fait une Morale que nous attendons aussi. [38] Ce sont deux écrivains que j’aime et dont je fais état. J’ai autrefois appris quelque chose dans la lecture de leurs ouvrages. Je mettrais volontiers ces deux hommes inter reliquias aurei sæculi[39] ou plutôt qui ont mérité un meilleur siècle, car le nôtre est abominable.

On travaille ici à trouver de l’argent pour faire la guerre et pour cet effet, on fait diverses assemblées au Parlement et à l’Hôtel de Ville : on s’en va taxer les communautés, les portes cochères, les boutiques et autres maisons. [67] Le bonhomme de Broussel, qui est le nouveau prévôt des marchands, a déjà regret d’avoir pris cette charge et en est au lit malade. [40] Il court ici un libelle de six cahiers intitulé La Vérité toute nue, ou avis sincère et désintéressé sur les véritables causes des maux de l’État, et les moyens d’y apporter remède, duquel l’auteur, [68][69] quel qu’il soit, est fort habile homme : il y a bien des vérités là-dedans, et des princes, et des parlements, et du cardinal, etc. [41]

Le dimanche 28e de juillet, nous avons ici fait les paranymphes [70] pour nos licenciés et le lendemain matin, nous leur avons donné les lieux à l’ordinaire. [36]

Le mardi à cinq heures au soir, 30e de juillet, M. de Beaufort [71] se battit en duel [72] pour une préséance dans le Conseil du duc d’Orléans contre M. le duc de Nemours, [73] son beau-frère, qui y a été tué sur la place. Le mort a toujours tort : tout le monde blâme M. de Nemours d’avoir appelé M. de Beaufort en duel qui est bien plus fort et plus vaillant que lui. [42]

Le lendemain, mercredi 31e de juillet, querelle étant survenue entre le prince de Tarente, [74] fils de M. de La Trémoille [75] (qui est un peu parent de M. le prince de Condé), et le comte de Rieux, [76][77] fils de M. d’Elbeuf, [78] pour une autre préséance dans le même Conseil, dans la galerie du duc d’Orléans, le prince de Condé, soutenant le prince de Tarente, donna un soufflet au comte de Rieux ; lequel se voyant frappé de la sorte, voulant se défendre, donna un coup de poing audit prince et mit la main à l’épée, mais il fut en même temps séparé, et accablé d’hommes et de coups. M. le duc d’Orléans survint, qui y mit le holà et qui envoya sous bonne garde aussitôt prisonnier dans la Bastille [79] ce comte de Rieux, lequel en fut délivré le lendemain à la prière du même prince de Condé. [43] Que dites-vous de nos comédies et de nos tragédies, ne sont-elles pas étranges ? Et encore va de par Dieu, [44] pourvu qu’à la fin nous n’ayons rien de pis que de voir des princes s’entretuer et se battre. Le roi est toujours à Pontoise. [45] M. de Bouillon-Sedan [80] y est fort malade de ses gouttes, [81] qui sont arrêtées ; [46] le sieur Béda des Fougerais, [82] qui a coutume de le panser, y est allé tout exprès. On dit qu’il a eu tous ses sacrements, hormis celui de la paix, [47] que l’on dit qu’il a puissamment empêchée tant il était mazarin et attaché aux intérêts de ce bonnet rouge, dans le dessein qu’il avait de rentrer, par son moyen, dans sa principauté de Sedan. Je vous baise les mains de tout mon cœur, à mademoiselle votre femme, à MM. Gras, Falconet et Garnier, avec protestation d’être toute ma vie, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur,

Guy Patin.

De Paris, ce vendredi 2d d’août.

Je vous prie de me transcrire du manuscrit de notre ancien ami G. Hofmann, [83] ce fameux éloge de Fernel [84] que je vous ai prié d’effacer dudit manuscrit afin qu’il ne soit jamais imprimé, [48] et de me l’envoyer quelque jour dans une de vos lettres afin que je voie ce que c’est. Si vous ne recevez de moi que des lettres, n’en accusez que la guerre, laquelle empêche le commerce. Rien ne passe de part ni d’autre, votre paquet est encore céans, comme tout ce qui était en chemin de Lyon n’est point arrivé. On nous apprend que M. de Guitaut, [85] premier capitaine des gardes de la reine, est bien malade à Pontoise, et M. le comte de Brienne [86][87] aussi. [49] On dit même que le Mazarin [88] a été saigné [89] deux fois pour la fièvre. Si les médecins de cour lui pouvaient donner quelques prises d’antimoine [90] de la préparation de Vautier, [91] ils nous obligeraient fort, et toute la France. Je dirais volontiers en ce cas-là de Vallot, [92] ce que l’on disait à Rome il y a plus de 116 ans du médecin de Clément vii : [93][94][95] Ecce Agnus Dei, ecce qui tollit peccata mundi[50][96] Adieu Monsieur.

Ce vendredi 2d d’août. Avant qu’il soit huit jours, tout Paris sera bloqué s’il ne vient du secours aux princes, on parle des troupes de l’Archiduc, sed lentum est negotium[51] Tous les fruitiers et chasse-marées [97] qui apportaient ici des provisions du côté de Pontoise et de Saint-Denis ont été arrêtés, volés, pillés, leurs chevaux pris, et même la plupart des hommes tués. O rem miseram ! o mores, o tempora ! [52][98]


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 2 août 1652

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(Consulté le 17.10.2019)