À Charles Spon, le 28 janvier 1653
Note [12]

Le site exact de la bataille d’Alésia en Bourgogne reste un inépuisable sujet de controverses entre historiens. Alise-Sainte-Reine, proche de Flavigny-sur-Ozerain (actuel département de la Côte-d’Or), est depuis le Second Empire le lieu officiel (mais encore contesté) de la mémorable défaite de Vercingétorix devant Jules César en 52 av. J.‑C. Alise doit son surnom à sainte Reine, vierge et martyre du iiie s., qui y était née. Fille d’un païen nommé Clément, elle fut baptisée par sa nourrice et habituée de bonne heure aux pratiques religieuses. Reine avait 15 ans lorsque, au dire des hagiographes, Olybrius, lieutenant de l’empereur, se rendit à Alise pour informer contre les chrétiens. Il fut vivement frappé de la beauté de Reine et essaya d’abord par la douceur de lui faire abjurer le christianisme ; puis voyant son opiniâtre résistance, il lui fit subir toutes sortes de tortures et enfin trancher la tête en l’an 275. D’après une naïve légende « son âme, à la vue de tout le monde, fut honorablement portée au ciel par les anges dont elle partageait la pureté virginale, et son corps fut enterré par les chrétiens à Alise ». L’Église honore sainte Reine le 7 septembre (G.D.U. xixe s.).

Alise était alors réputée pour ses trois sources thermales (cordeliers, grande fontaine et porte d’Alyze), qui donnaient une eau alcaline, claire, limpide et agréable au goût : « elle est diurétique et laxative ; on la boit avec avantage dans les maladies des reins et de la vessie, et surtout dans les affections graveleuses [lithiase]. On s’en sert aussi dans les blennorrhées [gonorrhées infectieuses ou chaudes-pisses] » (M.P. in Panckoucke). Dans une lettre ultérieure à Hugues de Salins (12 juin 1656), Guy Patin les a dites riches en mercure, remède souverain de la vérole. V. note [11], lettre 437, pour le livre que Jean Guiot de Garambé a consacré à leurs vertus thérapeutiques.

V. note [16], lettre 1020, pour Philippe Riolan, abbé de Saint-Pierre de Flavigny.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 28 janvier 1653. Note 12

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(Consulté le 25.01.2021)

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