À Charles Spon, le 6 septembre 1652
Note [15]

« À cause de quoi ».

Au chapitre viii (page 143) de sa Defensio… (v. note [19], lettre 264), Milton s’en prend en effet à Anne Mercier (v. note [5], lettre 95), épouse de Saumaise :

An uxor tua stimulatrix illa, quæ ut in gratiam exulis Caroli hæc scriberes etiam currentem incitasse fertur, ampliores forte in Anglia professiones et honoraria nescio quæ, redeunte Carolo, ominata tibi est ? At scitote fœmina Virque, non esse locum in Anglia neque lupo neque Lupi Domino. Unde mirum non est te toties in molossos nostros tantam rabiem effudisse. Quin redis ad illustres illos in Gallia titulos tuos, et imprimis ad famelicum illum Lupi dominatum, deinde ad consistorium illud regis Christianissimi sacrum ; nimis longo intervallo consiliarius peregre abes a patria. Verum illa, quod plane video, neque te desiderat neque consilia tua ; ne cum redires quidem paucis ab hinc annis, et culinam Cardinalitiam olfacere et sectari cœpisses : sapit mehercule, sapit, teque oberrare semivirum Gallum cum uxore viro, et refertissimis inaniarum scriniis facile sinit.

[Ton épouse n’est-elle pas cette instigatrice qu’on dit t’avoir incité et même avoir concouru à ce que tu a écris en faveur de Charles banni, présageant pour toi en Angleterre, si Charles était rétabli, je ne sais quels emplois peut-être fort avantageux etje ne sais quelles récompenses ? Mais sachez, femme comme homme, qu’il n’y place en Angleterre ni pour un loup ni pour un Saint-Loup. {a} Il n’est donc pas étonnant que tu aies tant de fois répandu une si grande furie parmi nos molosses. Pourquoi ne retournes-tu pas à ces illustres titres que tu portes en France, et surtout à cette famélique seigneurie de Saint-Loup, et ensuite au parlement sacré du roi très-chrétien ; après n’y avoir que trop longtemps été conseiller, tu partiras de ta patrie pour l’étranger. C’est qu’à l’évidence elle ne te veut pas, ni toi ni tes conseils ; ni que tu y retournes pour si peu d’années que ce soit, et te mettes à rechercher et flairer la cuisine du cardinal ; c’est qu’elle te connaît, par Hercule ! elle te connaît bien, et te laisse errer comme un semi-Français accompagné d’une virago, {b} et de tes coffres tout pleins de vide].


  1. V. la biographie de Claude ii Saumaise, sieur de Saint-Loup, et la note [1] de la lettre qu’il a adressée à Guy Patin le 8 novembre 1657, pour cette seigneurie attachée au nom des Saumaise.

  2. « Fille ou femme de grande taille, qui a de l’air d’un homme, qui en fait les actions, ou les exercices » (Furetière).


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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 6 septembre 1652. Note 15

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(Consulté le 13.04.2021)

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