À Charles Spon, le 1er novembre 1652
Note [15]

François Annat, jésuite (Estaing 1590-Paris 14 juin 1670) avait été ordonné prêtre en 1616. D’abord professeur de philosophie et de théologie au collège de Toulouse pendant 13 ans, il avait été appelé à Rome pour exercer les fonctions de censeur des livres publiés par les membres de la Compagnie. Revenu à Paris en 1652 comme provincial de France, il jouit d’une grande réputation de théologien. En 1654, il devint confesseur de Louis xiv et entra au Conseil de conscience. Il abandonna sa place lors de l’aventure du roi avec Mlle de La Vallière (v. note [12], lettre 735). Polémiquant avec Antoine ii Arnauld et Pierre Nicole, Annat fut un des adversaires les plus véhéments de Port-Royal et des jansénistes, et fit condamner par la Sorbonne les deux propositions qui provoquèrent la radiation d’Antoine ii Arnauld. Blaise Pascal lui adressa ses 17e et 18e Provinciales (janvier et mars 1657).

Annat contribua à faire déclarer par la bulle Ad sacram que les Cinq Propositions condamnées se trouvaient bien dans Jansenius : « Il n’est pas plus difficile, écrivait-il dans son Histoire des cas de conscience, de découvrir les Cinq Propositions dans le livre de Jansenius [v. note [16], lettre 321] que de voir une maison dans une ville ». Atteint de surdité, Annat demanda au début de 1670 l’autorisation de se retirer dans la maison professe de Paris. Le plus singulier de ses écrits de controverse est le Rabat-joie des jansénistes… (v. note [17], lettre 450) (G.D.U. xixe s.).

En 1652, trois ouvrages sont parus sous le nom du P. Annat, dont :

Augustinus a Baianis vindicatus libris viii in quibus ostenditur doctrinam iansenianiam longe distrare a doctrina S. Augustini…

[Saint Augustin vengé des Baïens, {a} en 8 livres, où l’on montre que la doctrine janséniste s’écarte fort de celle de saint Augustin…] {b}


  1. Habitants de Baïes, ville thermale de la Campanie antique, réputée pour les débauches qu’y faisaient les nobles Romains.

  2. Paris, Sébastien et Gabriel Cramoisy, in‑4o de 915 pages. Le format et le sujet autorisent à penser qu’il s’agit du livre auquel Guy Patin faisait ici référence.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 1er novembre 1652. Note 15

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(Consulté le 29.11.2022)

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