À Charles Spon, le 26 juillet 1655
Note [17]

« qui ont fait du profit leur divinité, honorant Dieu par intérêt et non par piété. Quelle honte ! quelles mœurs ! quels temps ! »

Marcellus Palingenius (Pier Angelo Manzolli, v. note [24], lettre 925) écrivant contre les moines et les prêtres dans son Zodiacus vitæ… [Zodiaque de la vie…] (première édition à Lyon en 1562) au signe du Lion (avec mise en exergue des passages empruntés par Guy Patin) :

Hos fuge : pestis enim nulla hac immanior ; hi sunt
Fæx hominum, fons stultitiæ, sentina malorum,
Agnorum sub pelle lupi,
mercede colentes
Non pietate Deum, falsa sub imagine recti
Decipiunt stolidos, ac Religionis in umbra
Mille actus vetitos, et mille piacula condunt ;
Raptores, mœchi, puerorum corruptores,
Luxuriæ atque gulæ famuli, cœlestia vendunt […]
Non pretio, sed amore, Deum vir iustus adorat.
Deme autem lucrum, superos et sacra negabunt.
Ergo sibi, non cœlicolis, hæc turba ministrat ;
Utilitas facit esse Deos ; qua nempe remota,
Templa ruent, nec erunt Aræ, nec Iupiter ullus
.

[Fuyez-les : de fait, il n’y a peste plus monstrueuse que celle-là ; ce sont la lie des hommes, la source de la folie, l’égout des malheurs, des loups sous la peau d’agneaux, honorant Dieu par intérêt et non par piété. Sous une fallacieuse apparence de justice, ils trompent les idiots et sous ombre de religion, ils cachent mille péchés et mille sacrilèges. Voleurs, débauchés, corrupteurs d’enfants, esclaves de la luxure et de la goinfrerie, ils vendent le paradis. (…) L’homme juste adore Dieu non par intérêt, mais par amour. Écartez le profit, vous les verrez renier et Dieu et ses cultes. C’est que cette bande se sert elle-même, mais ne sert pas les habitants des cieux. Le profit est devenu leur divinité : enlevez-le leur, ils renverseront les temples et il n’y aura plus ni autels ni Jupiter].

V. note [52], lettre 292, pour la désolation cicéronienne sur les temps et les mœurs qui concluait cette envolée de Patin contre la moinerie (v. note [9], lettre 224).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 26 juillet 1655. Note 17

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(Consulté le 11.05.2021)

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