À Charles Spon, le 24 avril 1657
Note [17]

L’empereur Ferdinand iii était mort le 2 avril. Son fils aîné Ferdinand iv (v. note [7], lettre 318), roi de Hongrie et de Bohême en 1647, roi des Romains en 1653, était mort le 9 juillet 1654 (et non en 1656 comme écrivait ici Guy Patin, qui avait pourtant mentionné ce décès dans sa lettre du 4 août 1654, v. note [5], lettre 363). Le trône impérial n’était pas assuré à son cadet, Léopold-Ignace de Habsbourg, roi de Hongrie en juin 1655, car il n’était pas encore roi des Romains. Après de longues tractations, il allait être élu empereur à la place de son père pour régner sous le nom de Léopold ier (v. note [8], lettre 432).

Poussé par Mazarin, Louis xiv allait un moment avoir l’ambition d’être élu empereur (Goubert, pages 344‑345) :

« Pourtant souffrant et en pleine guerre contre l’Espagne, Mazarin rêva, aperçut puis accomplit une opération de grand style, mélange quasi somptueux de manœuvres, de promesses, de séduction et de corruption : rien de moins que l’impossible candidature à l’Empire du jeune Louis xiv, qu’il tourna en une opération diplomatico-politique – la constitution de la Ligue du Rhin. […]
La campagne de 1657 close, Mazarin mena son pupille à Metz pour passer l’automne et recevoir maintes visites des princes et seigneurs allemands, bons catholiques et rhénans. Il faisait répandre toutes sortes de bruits contradictoires à propos de la future élection. Ayant tâté le terrain et compris que les chances de Louis xiv étaient nulles, il chercha un candidat crédible et le trouva dans la lignée des Wittelsbach, séculaire rivale des Habsbourg : c’était l’électeur de Bavière, qui pourrait au moins monnayer son ralliement et celui de ses amis au jeune Léopold […]. Dans cette perspective, le cardinal régala de banquets, de bals, de vin, d’argent et de nombreux cadeaux les électeurs ecclésiastiques et de nombreux ducs, comtes et moindres seigneurs. Un à deux millions d’or généreusement dépensés n’empêchèrent pas l’élection de Léopold, mais aboutirent à des résultats positifs. Les uns tenaient aux promesses du nouvel empereur avant son élection, les autres à la constitution, juste un mois après, de la Ligue du Rhin. »

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 24 avril 1657. Note 17

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(Consulté le 30.11.2020)

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