À Charles Spon, le 12 août 1650
Note [18]

Je remercie M. Nicolas de Maupeou, descendant de la grande famille des Maupeou, qui a eu la gentillesse de me communiquer le fruit de ses recherches généalogiques, en identifiant, mieux que n’y étais parvenu, son homonyme, Nicolas de Maupeou (né vers 1620), dont Guy Patin contait ici la tumultueuse aventure : fils de Pierre de Maupeou (1586-1630), président à la Chambre des comptes en 1624, Nicolas fut maître des comptes de 1646 à 1652 ; il devint plus tard capitaine et major au régiment de Champagne. Son père était cousin de Marie de Maupeou (v. note [5], lettre 800), la mère de l’abbé Basile Fouquet (v. note [51], lettre 280), agent de Mazarin, et surtout de Nicolas, le futur surintendant des finances. Le singulier brigandage de Maupeou fut l’occasion d’un nouveau scandale politico-judiciaire.

Journal de la Fronde (volume i, fos 271 vo et 272 ro, 276 ro, 282 ro, août 1650) :

« Le sieur de Bragelonne, conseiller au Parlement, l’abbé Fouquet et quelques autres, allant ces jours passés à la campagne, furent volés auprès de Pontoise par un maître des comptes nommé Maupeou, parent de cet abbé, et par six ou sept autres personnes assez qualifiées, tous masqués, lesquels tuèrent un valet de chambre qui escortait le bagage des premiers ; ce qu’ayant été découvert, ce maître des comptes fut mis en prison au For l’Évêque, dont les autres parents l’ayant fait transférer à la Bastille, ont depuis trouvé moyen de le faire sauver. […]

M. de Maupeou […] fut mis hors de la Bastille le 11 du courant par M. de Fromont, de l’autorité de M. le duc d’Orléans qui en était prié par plusieurs personnes de condition et notamment par le marquis de Noirmoutier, à cause que Maupeou est cousin germain de la marquise de Noirmoutier, sa femme ; et pour être plus en sûreté, il est allé dans le Mont-Olympe, {a} dont ce marquis est gouverneur. M. le garde des sceaux a fait grand bruit de ce que l’on l’avait fait sauver. Il y a encore un gentilhomme nommé La Chaussée, de la Maison de Courtenay, qui était avec Maupeou lorsque le vol fut fait et qui est encore dans la Bastille. […]

Le même jour 22, les parents de La Chaussée, compagnon de Maupeou au vol que vous avez su, s’étant plaints à M. le duc d’Orléans de ce qu’il avait fait sauver celui-ci sans l’autre, et la noblesse ayant résolu de faire des assemblées là-dessus, Son Altesse Royale leur donna parole qu’elle lui sauverait la vie et que s’il était condamné, elle lui ferait donner sa grâce. Depuis, sur le bruit que M. le garde des sceaux faisait de l’évasion du premier, La Chaussée a été transféré de la Bastille au Châtelet afin qu’on lui fasse le procès dans les formes et qu’il se serve de la grâce qui lui est promise. »


  1. À Charleville.

Imprimer cette note
Citer cette note

x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 12 août 1650. Note 18

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0238&cln=18

(Consulté le 23.10.2019)

Licence Creative Commons