À Claude II Belin, le 2 janvier 1641
Note [2]

Hugonis Grotii Annotationes in libros Evangeliorum. Cum tribus tractatibus et appendice eo spectantibus [Annotations d’Hugo Grotius sur les livres des Évangiles. Avec trois traités et un appendice s’y rapportant] (Amsterdam, Jan et Cornelis Blaeu, 1641, in‑4o).

Hugo de [van] Groot (Grotius en latin, Delft 1583-Rostock 29 août 1645), éminent diplomate et érudit hollandais, faisait partie du panthéon littéraire de Guy Patin, qui l’a mentionné tout au long de ses lettres. Jurisconsulte, théologien et historien, il mena une brillante carrière politique qui lui forgea une extraordinaire renommée dans toute l’Europe. Dès l’âge de 14 ans, accompagnant une ambassade hollandaise en France, il s’était fait remarquer par Henri iv et se fit, au bout d’un an, recevoir docteur en droit à Orléans. De retour en Hollande, agrégé au barreau de La Haye, il avait plaidé sa première cause à 16 ans. Grotius avait dès lors gravi rapidement les échelons de la carrière juridique jusqu’à recevoir en 1613 la place de conseiller pensionnaire de Rotterdam. Cette dignité, qui le rapprochait du grand pensionnaire Jan van Olden Barneveldt (1547-1619), établit entre eux une amitié qui fut pour Grotius la source de cruelles persécutions, liées à leurs prises de position politiques et religieuses (arminianisme, v. note [7], lettre 100). En 1619, Barneveldt avait été décapité et Grotius condamné à la prison perpétuelle.

Enfermé dans la forteresse de Lœvenstein, sur la Meuse, il était parvenu à s’en évader au bout de deux ans, enfermé dans un coffre, grâce à la complicité de son épouse, Maria van Reigersbergen (v. note [7], lettre 321). Grotius avait alors gagné la France, où Louis xiii l’avait accueilli avec faveur et l’avait doté d’une pension. La mort de Maurice de Nassau, stathouder des Provinces-Unies, en 1625, avait fait naître en Grotius le vain espoir de retourner s’installer en Hollande, mais il n’avait pas accepté les conditions humiliantes qu’on lui avait imposées. Obligé de quitter la France, faute de ressources, il était parti vivre à Hambourg (1632). En 1634, la Suède avait enfin nommé l’illustre exilé ambassadeur en France, emploi dont il s’acquitta avec compétence et droiture jusqu’en 1645. Ayant demandé son rappel, il gagna Stockholm, où il refusa, pour des raisons de santé, une place de conseiller d’État. Durant son voyage de retour en Hollande, une tempête l’obligea à débarquer près de Dantzig, dans un état de santé alarmant ; il se fit transporter à Rostock et y mourut deux jours après (G.D.U. xixe s.).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 2 janvier 1641. Note 2

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(Consulté le 28.09.2020)

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