L. 53.  >
À Claude II Belin,
le 2 janvier 1641

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Monsieur, [a][1]

Je dois réponse à vos deux dernières. Je vous supplie à votre loisir de me faire quelques mémoires de M. Adrien Le Tartier. [2] Je n’ai pas le livret de Papire Masson, [3] des cérémonies du baptême du roi d’à présent. [1] Vous me l’enverrez quand il vous plaira et me ferez plaisir, le tout néanmoins à votre commodité. Je remercie très humblement M. Allen [4] de son souvenir, je vous prie de lui témoigner que je suis son très humble serviteur et que je voudrais bien avoir le moyen de le servir de deçà ; où nous n’avons rien de nouveau de Hollande que Hugonis Grotii Annotationes in Evangelia[5][6] qui est in‑fo[2] et Vossius de Idolatria[7] en deux volumes in‑4o[3] On dit que M. de Saumaise, [8] qui est encore en Bourgogne, a fait imprimer en Hollande un livret de lingua Hellenistica, adversus Dan. Heinsium[9] mais je n’en ai pas encore vu ici. [4] Sur ce que le roi est un peu mal fait et mélancolique, [5][10][11] le bruit a couru ici que M. Bouvard [12] était disgracié, mais cela n’est pas vrai : il est en crédit autant que jamais. Enfin le Saint-Père [13] a fait 13 cardinaux, au lieu de 26 dont les places étaient vacantes. Desdits 13, le Mazarin, [6][14][15][16] qui est ici, est pour la France, et l’abbé Peretti, [17] qui est à Rome, est pour l’Espagne ; [7] il y a un autre Italien pour l’Allemagne ; les dix autres sont purement dans l’intérêt de la famille Barberini ; [8][18] et voilà ce qui s’est fait de plus remarquable à Rome, in illa negotiosa otiosorum matre[9] depuis peu. Joseph Scaliger [19] dirait de ces 13 têtes rougies Galerati tredecim, una nocturna Vaticana pluvia, tanquam fungi nati[10] Pour réponse à votre seconde, j’ai regardé la liste des conseillers, et ai nommé cinq conseillers des cinq chambres des enquêtes, en comptant M. Regnault [20] pour la première, [11] comme vous avez désiré. Nous aurons crédit aux quatre autres, principalement à celui de la deuxième et de la cinquième. J’en ai fait un mémoire que j’ai laissé céans et qui, depuis, a été rendu à Monsieur votre fils, [12][21] qui l’est venu quérir. J’ai nommé M. Vedeau pour la deuxième ; il est mon voisin et mon ami, il s’appelle autrement M. de Grandmont ; [22] j’ai nommé M. du Fos [23] pour la troisième ; je ne me souviens pas de celui de la quatrième ; et pour la cinquième, M. Du Laurens, [13][24] où j’ai tout crédit. Je souhaite qu’en puissiez avoir bonne issue, cito, tuto et iucunde[14] aussi bien que d’une maladie. Je vous baise très humblement les mains, à Mme Belin, à Messieurs vos frères, à MM. Camusat et Allen, et vous prie de croire que je serai toute ma vie, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Patin.

De Paris, ce 2d de janvier 1641.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 2 janvier 1641

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(Consulté le 16.09.2019)