L. 54.  >
À Claude II Belin,
mars-avril 1641

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Monsieur, [a][1]

Je vous remercie de la vôtre et de celle de M. Camusat, [2] auquel j’envoie une réponse qui le mettra plus en peine qu’en repos. [1] Je suis bien informé de son mérite et vous ai grande obligation de me commettre à un tel homme, avec lequel il y a bien à profiter. Je baise les mains à M. Allen. J’ai céans le livre du P. Cellot [3] de hierarchia et hierarchiis ; [2] on l’examine en Sorbonne, [4] il sera censuré en bref[3] Il est vrai que M. de Saumaise [5] a écrit aussi divers traités de regionibus suburbicariis[4] que j’ai, aussi bien que tout ce que je vous ai mandé, à votre service. On imprime encore de présent plusieurs traités de lui, tels que sont De Primatu Petri, Arnobius cum notis, De Manna et saccharo[6][7] De Eucharistia Veterum, De Usuris Iustinianæis, etc. [5] Nous avons ici un petit livre nouveau du P. Petau [8] contre lui, intitulé Dissertationum ecclesiasticarum libri duo[6] Cela l’obligera à une réponse. Pour le tetragonum d’Hippocrate, [7][9] ce ne fut jamais l’antimoine, [10][11][12] mais quelque drogue qui nous est aujourd’hui autant inconnue que plusieurs autres de ce temps-là ; [8] et même son elléborisme, [13] son cneorum[14] etc. [9] Je vous promets le traité de Savot [15] là-dessus. [10] Notre Faculté n’a rien fait en quoi elle se soit oubliée, mais bien négligée, comme la bonne Dame fait souvent : nos anciens avaient travaillé à l’antidotaire ; [16] les papiers en étaient toujours en dépôt entre les mains du doyen ; le jeune Saint-Jacques [17][18][19][20] étant parvenu à cette charge, les ramassa et les fit imprimer, ut aucuparetur gratiam pharmacopolorum[11] sous un simple consentement de la Faculté, laquelle fut tout étonnée de voir en ce livret pro thesauro carbones, pro luce tenebras, pro remedio venenum[12][21][22][23][24] Plusieurs en grondèrent et parlèrent de faire réformer cela, mais on n’en fit rien ; si bien que tout en est demeuré là ; et en ce cas, tolerat quæ non probat[13] Il en sera néanmoins parlé quelque jour, mais je ne puis pas encore vous dire si tôt quand ce sera. Quand je donnai le bonnet, il y a deux ans, j’en parlai amplement en un discours exprès et publiquement, ce qui fut fort approuvé. [14][25] Les Saint-Jacques [26][27] sont des charlatans, [28] fauteurs et valets de charlatans, ne dicam peius[15] Je vous envoie une lettre de M. Sorel, qu’il m’a adressée. Je vous baise très humblement les mains, à Mme Belin, à Messieurs vos frères, pour être toute ma vie, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur,

Patin.

Nous avons ici des ambassadeurs de Portugal et des députés de Catalogne. [16][29] M. de Vendôme [30] s’est sauvé en Angleterre, on agit ici contre lui. [17] On tient ici que les Suédois s’accordent en Allemagne avec l’empereur en la diète de Ratisbonne, [31] et hæc in nostros fabricatur machina muros[18] On parle aussi de faire l’été prochain une forte guerre en la Franche-Comté, [32] que nous attaquerons puissamment. Le duc Charles [33] est ici, sed nondum compositis rebus ; [19] et même, à ce qu’on dit, malcontent.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, mars-avril 1641

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(Consulté le 15.10.2019)