À Claude II Belin, le 7 novembre 1659
Note [2]

Guy Patin faisait allusion à la lettre xxvii de la 2e centurie des épîtres de Dominicus Baudius (pages 193‑198 du recueil cité dans la note [7], lettre 334). Datée de Leyde, le 18 octobre 1606, elle est adressée à Paulus Merula (historien et juriste hollandais, mort en 1607) et parle de la vie d’Érasme.

Bayle (Érasme, note B) en a commenté le passage consacré à la naissance d’Érasme, où Baudius dit :

« I. que <son> père était bourgeois et habitant de Tergou, {a} d’honnête famille et assez savant pour ce temps-là ; aimant d’ailleurs à rire et à débiter de bons mots, de sorte qu’il en remporta le surnom de Praet, ou de facétieux ; II. que le temps des couches s’approchant, il fut à propos d’envoyer la mère à Rotterdam, afin de mieux cacher la déconvenue, et que le père donna le nom de Gérard {b} à l’enfant ; III. qu’à cette faute près, il n’y eut rien à redire dans la mère d’Érasme et qu’elle se pouvait vanter comme Didon, Huic uni forsan potui succumbere culpæ. {c} Il est certain que son péché, fort différent d’ailleurs de ce qu’on nomme conduite de débauchée, a produit un homme si excellent que si elle eût assez vécu pour voir le mérite extraordinaire de son fils, elle aurait eu plus de sujet que la mère de Pierre Lombard, de Gratien et de Comestor, de se servir de la réponse qu’on attribue à celle-ci ; {d} car vingt auteurs comme ces trois-là ne valent pas la moitié d’Érasme. Mais elle mourut de peste lorsque son fils courait la treizième année. »


  1. Gouda.

  2. Gerardus Gerardi (Gérad fils de Gérard).

  3. « Pour lui seul peut-être aurais-je pu succomber à cette faute » (Virgile, Énéide, chant iv, vers 19).

  4. « On fait un conte, qui est faux, que ces trois auteurs étaient bâtards d’une même mère, laquelle ne crut point avoir besoin de s’en repentir à cause des services qu’ils avaient rendus à l’Église » (notule 24 de Bayle).

Imprimer cette note
Citer cette note

x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 7 novembre 1659. Note 2

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0584&cln=2

(Consulté le 21.09.2021)

Licence Creative Commons