À Charles Spon, le 21 avril 1643
Note [20]

Jean Barclay (Pont-à-Mousson 1582-Rome 1621) était le fils de Guillaume Barclay (1541-1605), jurisconsulte d’origine écossaise, docteur et lecteur en droit à l’Université de Bourges, puis fondateur en 1575 de l’École de droit de l’Université de Pont-à-Mousson. Élève des jésuites de Pont-à-Mousson puis étudiant en droit dans cette ville, Jean, après divers voyages, alla se fixer en Angleterre et se concilia les bonnes grâces de Jacques ier par un hymne en une vingtaine de pages sur le couronnement de ce prince : Maximo potentissimoque monarchæ Iacobo primo Britanniarum regi semper augusto Carmen gratulatorium [Chant de félicitation au très grand et très puissant monarque Jacques ier, roi des Britanniques, pour toujours auguste] (Paris, 1603, in‑4o).

Il publia alors un ouvrage de son père, De Potestate Papæ [Le Pouvoir du pape] (Pont-à-Mousson, François Du Bois et Jacques Garnich, 1609, in‑8o) sur la question de l’ultramontanisme. Cette parution posthume souleva une vive controverse entre Jean Barclay et le cardinal Bellarmin. Le cardinal obtint la condamnation du livre par le Saint-Office et répliqua par le Tractatus de Potestate Summi Pontificis in rebus temporalibus, adversus Gulielmum Barclaium [Traité sur le Pouvoir du Souverain Pontife en matière temporelle, contre Guillaume Barclay] (Rome, Zanetti, 1610, in‑8o), qui fut à son tour condamné en France par un arrêt du Parlement de Paris. La polémique fut poursuivie par le jésuite Eudemon, qui accusa Barclay d’hérésie. Fidèle jusqu’au bout à la mémoire de son père, Jean Barclay se rendit à Rome pour combattre ces bruits calomnieux et fut accueilli favorablement par le pape Paul v.

Barclay est surtout connu par deux romans allégoriques et satiriques (G.D.U. xixe s et A. Cullière).

  • Le premier est Euphormionis Lusinini Satyricon [La Satire d’Euphormion de Lusinie (Euphormion signifie littéralement belle corbeille, et la Lusinie désigne l’Écosse)] ; ce livre, plusieurs fois mentionné dans les lettres de Guy Patin, parut en deux parties, respectivement publiées à Paris en 1605 et 1607, chez François Huby ; il est dirigé contre les jésuites qui furent les persécuteurs de l’auteur.

  • Le second est l’Argenis (Paris, Nicolas Buon, 1621, in‑8o), roman héroïque où Barclay trace le tableau des vices et des révolutions des cours.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 21 avril 1643. Note 20

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(Consulté le 04.06.2020)

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