À Charles Spon, le 6 décembre 1650
Note [22]

« étant donné notre si grande habitude de disséquer les cadavres ». Guy Patin annonçait les :

Exercitationes de Generatione animalium. Quibus accedunt quædam de Partu : de Membranis ac humoribus uteri : et de Conceptione. Autore Guilielmo Harveo Anglo, in Collegio Medicorum Londinensium Anatomes et Chirurgiæ Professore.

[Essais sur la reproduction des animaux. {a} Auxquels s’ajoutent certains faits sur : l’Accourchement ; les Membranes et les liquides de l’utérus ; la Conception. Par William Harvey, Anglais, professeur d’anatomie et chirurgie au Collège des médecins de Londres]. {b}


  1. Au nombre de 72, suivis de trois Additamenta [Suppléments].

  2. Amsterdam, Ludovicus Elzevirius, 1651, in‑12 de 568 pages, réédition ibid. 1662 ; dernier ouvrage publié par Harvey.

Après ses immortels travaux sur la circulation du sang, Harvey révélait les résultats de ses autres recherches anatomiques (Jourdan in Panckoucke) :

« Comme son maître, {a} il s’occupa de la génération et du fœtus. Le roi Charles ier le favorisa dans cette étude en mettant à sa disposition toutes les biches du parc de Windsor. Harvey ouvrit ces animaux aux différentes époques de la gestation et fit une foule de remarques curieuses sur l’histoire de l’embryon. {b} Mais ses notes ayant été brûlées dans le pillage de sa maison de Londres [en août 1642, pour cause de fidélité absolue au roi], il ne put pas donner au second ouvrage autant de soin qu’au premier […]. {c} Cependant, s’il est rempli de répétitions oiseuses, si l’on y remarque même des contradictions, ces défauts s’expliquent en songeant qu’Harvey l’a écrit en grande partie de mémoire, sur ses vieux jours {d} […] et l’on devient indulgent lorsqu’on sait que George Ent {e} lui enleva son manuscrit, en quelque sorte malgré lui, pour le publier avant qu’il eût eu le temps d’y mettre la dernière main ; car on assure que, dégoûté des querelles que son premier livre lui avait suscitées, il avait résolu de ne point faire paraître celui-ci. Quoi qu’il en soit, Harvey établit que tout ce qui a vie est le produit du développement d’un germe préexistant. On le compte donc parmi les premiers adversaires de la théorie des générations spontanées. Omne vivum ex ovo, {f} tel est le théorème qu’il établit […]. Ainsi, c’est Harvey qui a posé les bases du système de l’évolution. Il a même cela de particulier qu’il place le germe dans la femelle et n’accorde au mâle que la faculté fécondante, niant d’ailleurs tout contact matériel et admettant une sorte de contagion subtile qui affecte plutôt la femelle que l’œuf. […] Harvey prétendait que le fœtus, né dans l’ovaire, redescend ensuite dans la matrice. Il s’est attaché à réfuter la théorie de la génération par la putréfaction et la fermentation. »


  1. Fabrizio (Fabrizio d’Aquapendente, v. note [10], lettre 86).

  2. Dans sa préface Harvey énumère les espèces animales qu’il a utilisées pour ses recherches, tant ovipares (poule, oie, colombe, cane, poissons, crustacés, coquillages, mollusques, batraciens, serpents ; insectes tels abeilles, guêpes, papillons, vers à soie) que vivipares (ovins, caprins, chiens, chats, biches [iumenta bisulca] et præ cæteris, animalium omnium perfectissimus, homo ipse [devant tous les autres, le plus parfait de tous les animaux, l’homme lui-même]).

  3. Exercitatio anatomica de motu cordis, v. note [12], lettre 177.

  4. Harvey avait alors 72 ans.

  5. Anatomiste anglais, ami d’Harvey et dédicataire de son livre.

  6. « Tout ce qui est vivant vient d’un œuf » : adage attribué à Harvey, mais que je n’ai pas trouvé tel quel dans son livre.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 6 décembre 1650. Note 22

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(Consulté le 30.11.2022)

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