À Charles Spon, le 10 avril 1650
Note [27]

Dans l’Histoire de Bresse de Samuel Guichenon, {a} les pages 9‑10 de la Troisième partie, contenant les généalogies des familles de Bresse et de Bugey sont consacrées à la famille des Bachet, seigneurs de Meyseria (sic pour Méziriac) et de Vauluysant, avec ce paragraphe sur l’écrivain bressan Claude-Gaspard Bachet de Méziriac (iii, page 10) : {b}

« Je n’entreprends point de donner ici l’éloge de ce grand homme, il faudrait une meilleure plume que la mienne. Il me suffit de dire que ç’a été un personnage vraiment illustre, et doué de rares et éminentes qualités ; car il était très savant en la langue grecque, grand critique, philosophe et théologien, bien versé aux controverses, excellent poète latin et français, et l’un des plus doctes mathématiciens que notre siècle ait produit. Outre cela, il était d’une conversation si douce et d’un si agréable entretien qu’il était impossible de le pratiquer sans l’aimer. La Bresse a beaucoup perdu en sa mort, ayant été dépouillée de son principal ornement. Il fut en si grande estime de doctrine que cette célèbre Académie de Paris, établie pour la réformation du langage français, le choisit en l’an 1635 pour être du nombre des quarante dont elle était composée. C’est lui à qui Denys de Salvaing, chevalier seigneur dudit lieu et de Boissieu, conseiller du roi en ses Conseils et premier président en la Chambre des comptes de Dauphiné, dédia en l’an 1638 le poème latin intitulé Turris alexipharmacos, qui est l’une des quatre merveilles du Dauphiné ; {c} mais outre ce témoignage de son érudition, les ouvrages qu’il nous a laissés en sont d’éternelles marques. »

Après la liste des autres livres de Bachet, l’éloge de Guichenon se conclut sur ces mots :

« Bref, sans offenser sa mémoire, nous lui pouvons donner l’éloge que Quintilien a baillé à un grand personnage de son temps qui eût pu laisser de plus beaux ouvrages s’il eût voulu, Felix ingenium, quod voluit, potuit, o utinam meliora voluisset ! {d} Il décéda le 26 février 1638 à Bourg, ayant laissé plusieurs enfants de Philiberte de Chabeu, sa femme, fille de Claude de Chabeu, écuyer seigneur de Becetel, et de Peronne du Puget. »


  1. Lyon, 1650, v. note [7], lettre 214.

  2. V. note [46], lettre 216.

  3. La « Tour alexipharmaque », v. note [30], lettre 349.

  4. « Heureux esprit, il a pu ce qu’il a voulu ; ô que n’a-t-il voulu faire mieux encore ! »

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 10 avril 1650. Note 27

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(Consulté le 09.12.2022)

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