À Charles Spon, le 30 décembre 1653
Note [29]

L’épigramme de François Ogier {a} contre l’antimoine, De Stibio triumphante [Sur l’Antimoine triomphant], a été insérée et traduite par Jacques Perreau dans son Rabat-joie de l’Antimoine triomphant (1re partie, page 24‑25) : {b}

Nunc licet aurato ascendat Capitolia curru,
Nunc albis stibium iure triumphet equis :
Plaudite fumosi Ciniflones, plaudite Agyrtæ ;
Inter qui cedat, credat, nullus erit :
Victoris tanti meritis obstare triumphis
Tot cæsis hominum millibus, invidia est
.

« L’antimoine aujourd’hui, dedans un char doré,
Triomphe en chevaux blancs et monte au Capitole :
Souffleurs, gens de néant, qu’au ciel votre cri vole,
Du triomphe à bon droit, il doit être honoré ;
Après avoir ôté à tant d’hommes la vie,
Empêcher ce vainqueur, c’est une pure envie. »


  1. François Ogier (v. note [5], lettre 217) avait eu l’idée de composer ces quelques vers en discutant avec Guy Patin, qui les avait recopiés pour André Falconet dans sa lettre du 10 novembre 1653 en y ajoutant les quelques mots d’Ogier (v. sa note [5]).

  2. Paris, 1654, v. note [3], lettre 380.

Perreau, sur la fin de son Rabat-joie, écrit encore (2de partie, page 83) :

« Ainsi pour finir en la même pensée que l’épigramme de M. Ogier par lequel nous avons commencé, nous pouvons assez à propos appliquer ici cet autre d’un très excellent poète.

In Stibium triumphans,
Epigramma
. {a}

More triumphabat, sed decernente Senatu,
Millia sex olim quo duce cæsa forent.
Iure triumphat nunc, sed decernente Renodi,
Quod Stibium letho millia mille dedit.
Iure illo Pestes, atque impia Bella triumphent,
Dira Fames, hominum cunctaque nata malo
.

« Par ordre du Sénat, celui-là {b} triomphait,
Qui de six mille morts avait jonché la terre.
Renaudot à son vin l’ordonne à meilleur droit,
Dont cent mille sont morts, que le cercueil enserre.
La peste donc, la guerre et la famine aussi,
Et tout ce qui nous nuit, triompheront ainsi. »


  1. « Épigramme triomphant[e], contre l’antimoine. »

  2. Par « celui-là », les deux premiers vers désignent le général à qui le Sénat romain accordait les honneurs du triomphe (v. note [4], lettre 330).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 30 décembre 1653. Note 29

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0335&cln=29

(Consulté le 26.11.2022)

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