À André Falconet, le 10 novembre 1653
Note [5]

« Que désormais l’antimoine monte au Capitole sur un char doré, que désormais il triomphe de bon droit tiré par des chevaux blancs ! Applaudissez charlatans enfumés, applaudissez diseurs de bonne aventure ! Croyez-le, il n’y en aura pas un, sinon par jalousie, pour s’opposer aux triomphes que mérite une si insigne victoire avec tant de milliers d’hommes qu’il a tués. […] Ris Gui Patin, garant très farouche de l’ancienne médecine, tu triomphes sur l’antimoine ! Mais hélas ! il ne m’est pas permis de rire avec toi, car en effet ce poison fatal a enlevé mon compagnon d’Avaux, défenseur de la paix, à la grande joie d’Alastor que tous nous maudissons et supportons, et je ne sais si c’est plus par haine que par faiblesse. »

Charles Ogier se souvenait de son maître le comte d’Avaux, mort le 19 novembre 1650 après une prise d’antimoine que lui avait administrée François Vautier (v. lettre à Charles Spon, datée du 6 décembre 1650). Alastor est ici une allusion à Mazarin : c’était dans la mythologie un des chevaux qui tirait le char de Pluton (Louis xiv) emmenant Proserpine (Anne d’Autriche) vers son royaume infernal.

Ces huit vers se trouvent aussi dans le Rabat-joie de l’Antimoine triomphant de Jacques Perreau (1re partie, page 24), avec, pour seule différence, ciniflones au lieu de balatrones (v. note [29], lettre 335, où est aussi donnée la traduction de Perreau en vers français).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 10 novembre 1653. Note 5

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(Consulté le 17.04.2021)

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