À André Falconet, le 12 mai 1668, note 3.
Note [3]

Mettant fin à la guerre de Dévolution, le traité d’Aix-la-Chapelle avait été signé le 2 mai. La France gardait ses conquêtes de Flandre, mais rendait la Franche-Comté à l’Espagne.

Olivier Le Fèvre d’Ormesson (Journal, tome ii, pages 544‑545) :

« Le mardi 8 mai, M. de Bâville {a} arriva d’Aix-la-Chapelle, où il était allé avec M. Colbert, l’ambassadeur, {b} et apporta le traité de paix signé des ambassadeurs. Ce traité avait été fait et conclu à Paris avec Van Beuningen, {c} ambassadeur de Hollande, et envoyé tout arrêté aux ambassadeurs pour la cérémonie. Ainsi voilà la paix conclue, au grand regret de beaucoup de gens qui craignent les suites, c’est-à-dire les réformations, les retranchements, les suppressions. Ceux qui raisonnent en politiques croient que cette paix est faite sans raison : le roi ayant tous les avantages qu’il peut désirer par ses conquêtes, ses grandes troupes, et selon toutes les apparences, pouvant espérer de très grands succès de cette campagne, renonçait à toutes ces espérances et restituait la Franche-Comté contre toutes les règles. On disait que c’était une marque que le roi aimait mieux la paix que la guerre, et que les ministres avaient préféré leur intérêt particulier à celui de l’État et à la gloire du roi ; que jamais le roi ne trouverait une occasion pareille de conquérir la Franche-Comté, la faiblesse des Espagnols, l’aveuglement des peuples, l’assoupissement des Suisses et la facilité de prendre une grande province en dix jours, etc. D’autres au contraire croient que l’on a fait très sagement de conclure la paix, la ligue faite contre la France {d} étant trop forte pour y pouvoir résister, outre que le dedans du royaume est si mal disposé que tout est à craindre dans la moindre disgrâce que les armes du roi auraient reçue ; mais aussi, ceux-là mêmes blâment les ministres d’avoir négligé la conservation de l’alliance avec les Suédois pour un intérêt médiocre d’argent parce que, si les Suédois fussent demeurés unis à la France, la ligue n’eût jamais été faite, et encore de n’avoir pris aucun soin de s’acquérir des alliés, car il était fort aisé d’abord de prévenir cette ligue. Le mercredi 30 mai, la paix fut publiée à Paris et le roi assista au Te Deum qui fut chanté à Notre-Dame à une heure après midi. »


  1. Chrétien-François de Lamoignon, v. note [5], lettre 816.

  2. Charles, v. note [6], lettre 856.

  3. V. note [5], lettre 921.

  4. Triple Alliance de La Haye, v. note [2], lettre 970.

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 12 mai 1668, note 3.

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(Consulté le 03/03/2024)

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