À Johannes Antonides Vander Linden, le 28 mars 1659
Note [3]

De Hyæna odorifera zibethum gignente, quæ Civetta vulgo appellatur, Εξετασις Petri Castelli, Romani : Figuris æneis adornata.

[Recherche de Pietro Castelli, {a} natif de Rome, sur le chat musqué, qu’on appelle communément la civette et qui produit le zibethum, {b} illustrée de gravures]. {c}


  1. Sans lien de parenté établi avec Bartolomeo Castelli (v. note [4], lettre 771), le médecin italien Pietro Castelli (Rome vers 1590-Messine 1661), élève d’Andrea Cesalpino (v. note [55], lettre 97), avait d’abord pratiqué et enseigné la botanique à Rome, puis s’était établi à Messine, ville dont il fonda le Jardin des plantes (qui porte toujours son nom).

  2. La civette désigne à la fois le mammifère (chat musqué, hyæna en latin pour sa lointaine ressemblance avec la hyène) et la base de parfum (zibethum, encore employée de nos jours) qu’on en tire (Furetière) :

    « Petit animal dont on tire un parfum de même nom. Elle est de la taille d’un chat ou d’une grosse fouine. Elle a d’ordinaire vingt pouces de long, et sa queue dix. Son poil qui est court sur sa tête et aux pattes, est fort long par le reste du corps, ayant quatre pouces et demi sur le dos. Il est dur et rude, et entremêlé d’un autre plus court et plus doux, frisé comme de la laine, qui est gris brun. Le grand poil est de trois couleurs faisant des taches et des bandes, les unes noires, les autres blanches, et les autres roussâtres ; mais le noir est la couleur dominante sur le corps. Le nez, le ventre, le dessous de sa gorge sont noirs, aussi bien que ses pieds qui sont courts, qui aboutissent en cinq doits et un ergot, et qui ont des ongles noirs, non crochus et peu pointus. Ses oreilles sont plus petites et moins pointues que celles d’un chat, noires par dehors, bordées de blanc, et blanches par dedans. Sa queue est noire par dessus, et mêlée d’un peu de blanc par dessous. Elle a les yeux enfermés dans deux taches noires, et on dit qu’ils éclairent la nuit comme ceux des chats. Le dessus de la tête jusqu’aux oreilles est gris. Elle a sur le col quatre bandes noires sur un fond fort blanc. Elle a aussi quelques taches, que Pline appelle des yeux dans la panthère, mais qui ne sont point isolées. Ses dents sont canines et souvent rompues, car c’est un animal farouche qui se les rompt en mordant les barreaux de fer de sa cage, quand il est enfermé. La poche ou le sac où est le réceptacle de la civette, est au-dessous de l’anus. Elle a deux pouces et demi de large et trois de long. Sa capacité peut contenir un petit œuf de poule. On en fait sortir la liqueur odorante d’un grand nombre de glandes qui sont entre les deux tuniques de ses poches. Scaliger et Matthiole croient que le parfum de la civette n’est rien autre chose que sa sueur ; mais cela est faux, aussi bien que ce qu’ils disent qu’elle se perfectionne avec le temps et que le reste du corps sent bon ».

  3. Messine, veuve de Io. Franciscus Bianco, 1638, in‑4o, et Francfort, Wolfgang Hoffmann, 1641, in‑12.

Imprimer cette note
Citer cette note

x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Johannes Antonides Vander Linden, le 28 mars 1659. Note 3

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=1154&cln=3

(Consulté le 16.08.2022)

Licence Creative Commons