À Charles Spon, le 11 mai 1655, note 30.
Note [30]

V. note [4], lettre 9, pour les six livres d’Ennarationum medicinalium [Commentaires médicaux] de Franciscus Valleriola (Lyon, 1554). L’Enarratio v du livre sixième (pages 393‑402) est intitulée De annua Elephanticorum apud Arelatam probatione vetere senatusconsulto : deque nonnullis ad eam rem pertinentibus [Du vieil arrêt établissant l’attribution d’une pension aux éléphantiasiques en Arles, et de quelques faits touchant à ce sujet]. Sans donner l’année de ce décret arlésien, son motif est ainsi expliqué (page 394) :

Nam cum ea in urbe, ob promiscuam et incautam nauticæ turbæ, et rusticorum agricolationi servientium copiam, (quæ fere gens omnis pro insolenti quam degunt vita pessimis quibusque se cibis ac potionibus implere exaturareque consuevit) ob regionis caliditatem, ob ciborum quibus plebs uti solet malitiam (omnes enim fere salsa carne, palustribus piscibus, lacte multo, et caseo, cochleis, glutinosis, crassis, nidorosis, acutis, vinoque et generoso et multo, citra delectum utuntur) plurimi incaute in id morbi incidant, magna sane prudentia a veteribus olim constitutum videtur, ut eius curandæ rei magna a consulibus senatuque Arelatensi ratio haberetur. Unde solemne illis est, ut quo die comitia consularia haberi solent (est autem is dies ad octavum Calendas Aprilis) senatorum suffragiis creatis consulibus, mox illis ex tabella ab eius senatus scriba ea capita proponantur quæ ad muneris eorum dignitatem curationemque pertineant, inter quæ præcipuum hoc unum : ut novi consules Elephanticorum probandorum curam stato ad id munus tempore præcipuam habeant. Dicatum autem ad id verni temporis initium est, idque magna sane ratione. Nam cum de humorum intus latentium, abditoque in corpore malo iudicium ferendum sit, id tempus ad eam rem opportunum censeri merito debet, in quo et reserari corporis meatus, et attenuari humores, fluxilesque fieri incipiunt : corpusque universum quasi hyemis sævitia solutum, renovari verna temperie, et pene refici solet.

[De fait, dans cette ville, l’incurie induit cette sorte de maladie chez un grand nombre de gens : en raison de la foule indistincte et imprudente des mariniers et des campagnards occupés à cultiver les champs (populace qui presque tout entière passe sa vie dans l’excès, avec l’habitude de s’emplir à satiété la panse de toutes les pires nourritures et boissons qui soient) ; en raison de la chaleur qui règne dans la région ; en raison de la mauvaise qualité habituelle des aliments que consomme le petit peuple (car à peu près tous recourent sans modération aux viandes salées, aux poissons des marais, à quantité de lait et de fromage, aux escargots, à des mets visqueux, grossiers, pourris, irritants, et aussi à une profusion de vin capiteux). Il apparaît donc que, dans leur très grande sagesse, les consuls et le Conseil d’Arles ont jadis tenu pour fort important de soigner ce mal. S’est ainsi établie chez eux la coutume, aux jours où il s’assemble (c’est-à-dire chaque 25e jour de mars), qu’une fois que l’assemblée a élu ses consuls, le greffier leur présente aussitôt les articles du règlement touchant à la dignité et aux devoirs de leur charge ; et le premier et plus important statue que les nouveaux consuls, pendant la durée de leur mandat, tiendront pour leur principale fonction de procurer des soins aux éléphantiasiques. Pour d’excellentes raisons, le début du printemps est voué à cette tâche. Tel est en effet le moment à considérer comme le plus opportun pour porter un jugement sur les humeurs tapies dans les parties internes et sur les maux cachés du corps, car ses orifices commencent à s’ouvrir, et les humeurs à s’atténuer et à devenir fluides ; et le corps entier, comme libéré des rigueurs de l’hiver, a alors pour habitude d’être revigoré par la température printanière, et presque régénéré]. {a}


  1. V. note [8], lettre 460, pour un autre extrait de cette Ennaratio de Valleriola.

Guy Patin citait aussi les :

Guilelmi Ader Medici Enarrationes de Ægrotis et Morbis in Evangelio. Opus in Miraculorum Christi Domini amplitudinem Ecclesiæ Christianæ elimatum. Operis partes indicabit sequens pagella.

[Commentaires de Guilelmus Ader {a} sur les malades et les maladies dans l’Évangile. Ouvrage soigneusement poli sur la grandeur des miracles du Christ notre Seigneur pour l’Église chrétienne. La page suivante en présente les parties]. {b}


  1. Guillaume Ader, médecin de Toulouse, exerçait au début du xviie s.

  2. Toulouse, Raymundus Colomerius, 1620, in‑8o de 458 pages ; réédition ibid. et id.en 1623.

Ce livre veut prouver que les maladies dont Jésus-Christ a délivré les hommes pendant sa vie étaient au-dessus des ressources de l’art et qu’elles n’ont pu être guéries que par miracle. De Elephanticis, seu leprosis, à Christo Domino miraculo mundatis [Éléphantisiques ou lépreux que le Christ notre Seigneur a purifiés par miracle] est l’Enarratio i (pages 1‑10) de la première partie de l’ouvrage, Enarrantur ægroti novi Testamenti, quorum dum explicantur morbi, eorum patria, temperies, ætas, et vitæ conditio inquiritur, hosque arte Medica incurabiles fuisse demonstrantur [On décrit les malades du Nouveau Testament, on explique donc leurs maladies, leur pays natal, son climat, leur époque, et on s’enquiert de leur mode de vie ; et on démontre que ces maladies ont été incurables par art médical]. Ader y décrit si précisément la lèpre qu’on peine à penser qu’il n’en a pas observé lui-même dans sa pratique languedocienne ; mais curieusement, il la juge curable sous nos climats tempérés et attribue son incurabilité (qui fait un miracle de sa guérison) à la chaleur et à la sécheresse extrêmes qui règnent en Palestine, citant Galien et Avicenne à l’appui de ses dires.

V. note [3], lettre latine 30 pour le livre de Thomas Bartholin « sur les paralytiques du Nouveau Testament » (Copenhague, 1653), qui aborde un sujet de même nature.

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 11 mai 1655, note 30.

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(Consulté le 23/06/2024)

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