À Charles Spon, le 5 février 1655
Note [33]

Portant le même prénom que son père, François ii de La Mothe Le Vayer (1629-1664) était prêtre. « Abbé savant », il eut le temps d’acquérir un certain renom avant de mourir à 35 ans, tué par l’ignorance de ses médecins qui lui firent prendre une trop grande quantité d’émétique. Nicolas Boileau-Despréaux lui a dédié sa quatrième Satire, qui commence par ces vers :

« D’où vient, cher Le Vayer, que l’homme le moins sage
Croit toujours seul avoir la sagesse en partage,
Et qu’il n’est point de fou, qui, par belles raisons,
Ne loge son voisin aux Petites-Maisons ? {a}
Un pédant enivré de sa vaine science,
Tout hérissé de grec, tout bouffi d’arrogance,
Et qui, de mille auteurs retenus mot pour mot,
Dans sa tête entassés, n’a souvent fait qu’un sot,
Croit qu’un livre fait tout, et que, sans Aristote,
La raison ne voit goutte, et le bon sens radote. Etc. »


  1. V. note [29], lettre 97.

On doit notamment à l’abbé Le Vayer (Bayle, note G) l’édition des œuvres de son père, François i et la traduction de l’Épitomé de l’histoire romaine depuis la fondation de Rome… qu’il dédia à son élève, le duc d’Anjou, frère unique de Louis xiv, assurant qu’il donnait ce Florus sur les traductions que ce jeune prince avait faites (v. note [4], lettre 435). Moins sérieusement, l’abbé a laissé un curieux et plaisant ouvrage intitulé Le Parasite Mormon, roman comique (sans lieu ni nom, 1650, in‑12).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 5 février 1655. Note 33

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(Consulté le 14.05.2021)

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