À Sebastian Scheffer, le 24 mai 1665
Note [33]

Page 116 (Paris, 1646), livre ii, chapitre vii, De Allio [L’Ail], trois requêtes.

  1. Première ligne du § 10, remplacer in Ruell. i qui par in Ruellium, qui, dans :

    Quo loci excurrendum paululum in Ruell. i (Ruellium,) qui 2. de Nat. stirp. 85. ex Hipp. 2. de Diæta, ait, Allium oculis bonum esse.

    [Cela étant, il faut faire une brève incursion dans La Ruelle, qui, citant Hippocrate au 2e livre du Régime, dit, en son 2e livre sur la Nature des plantes, {a} que l’ail est bon pour les yeux].


    1. V. note [23], lettre 236.

  2. Ligne 31 (§ 12), préciser une référence à Avicenne en remplaçant Avicen. 3.4. tr. c. 33 Avic. 6.4. tr. 3. c. 33 [Avicenne, livre 6.4, 3e traité, chapitre 33] (référence que je n’ai pas su situer parce que le Canon ne compte que 5 livres, et que leur indexation complexe varie d’une édition à l’autre).

  3. Ligne 33 (§ 12), remplacer l. 3 par l. 2 [liber 2, livre 2] dans une référence d’Amatus (Amatus Lusitanus, v. note [2], lettre 232) sur Dioscoride (v. supra notule {c}, note [10]).

L’ail avait (et continuerait d’avoir) certaines vertus médicinales (Trévoux) :

« L’ail est fort chaud et caustique : non seulement il excite les vessies, {a} mais il ronge, étant appliqué en dehors ; il ne fait pas le même effet dans l’estomac, quand on en mange, soit à cause du levain et des autres aliments qui y sont contenus, soit parce que sa tissure {b} en est différente. On s’en sert dans la peste, dans la colique venteuse et dans plusieurs autres maladies. On l’appelle, pour cette raison, la thériaque des paysans. {c} Son usage est fâcheux à cause de sa puanteur insupportable. […]

On ne peut souffrir l’haleine de ceux qui ont mangé de l’ail. En 1368, Alphonse, roi de Castille, fit un Ordre de chevalerie qu’il appela l’Ordre de la Bande ; il leur défendit par ses statuts de manger des aulx, ni des oignons, et ordonna que les contrevenants s’abstiendraient pendant un mois de pratiquer la cour, ni les autres chevaliers. […] Les aulx et les oignons sont les viandes ordinaires des Espagnols et des Gascons ; la dîme de l’ail rend plus de mille écus de rente à l’archevêché d’Albi. La pointe d’une épée qui a touché de l’ail fait une plaie où la gangrène se met d’abord, si l’on n’y remédie. […] Il est vrai qu’il cause la soif, la chaleur par tout le corps, et des maux de tête quand on en use souvent ; mais on peut corriger ces accidents en mangeant de l’ache ou du persil, incontinent après. Plusieurs gens, principalement les Béarnais, au commencement du printemps, mangent tous les matins des ails avec du beurre frais par principe de santé. L’ail appliqué en forme de cataplasme sur une morsure de serpent ou de chien enragé, est un souverain remède. La décoction des ails entiers donnée en clystère, ou appliquée sur le ventre en forme de fomentation, apaise la colique, et la toux invétérée et causée par le froid. »


  1. Celles de l’urine et du fiel (vésicule biliaire).

  2. Texture.

  3. Surnom toujours justifié quand on voit toutes les fadaises que quantité d’adeptes de la médecine dite naturelle débitent encore aujourd’hui sur l’ail.

La réédition de Francfort (1667, pages 93‑94) a appliqué ces trois corrections.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Sebastian Scheffer, le 24 mai 1665. Note 33

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(Consulté le 09.12.2022)

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