À Gerardus Leonardus Blasius, le 28 janvier 1661, note 39.
Note [39]

Arrêt notable de la Cour de parlement de Grenoble, donné au profit d’une Damoiselle, sur la naissance d’un sien fils, arrivée quatre ans après l’absence de son mari, et sans avoir eu connaissance d’aucun homme, suivant le rapport fait en ladite Cour par plusieurs médecins de Montpellier, sages-femmes, matrones et autres personnes de qualité (Paris, sans nom, 1637, in‑8o). Cet arrêt concerne l’Emmanuel de Madeleine d’Auvermont (v. supra notule {e}, note [38]) ; il est intégralement reproduit (avec une erreur de date, 1534 pour 1634) dans la Lucina sine concubitu ou la Génération solitaire par Abraham Johnson (1786), rééditée par J. Assézat (Paris, Frédéric Henry, 1865, in‑8o, pages 107‑111).

Thomas Bartholin a encore fait état de cette duperie dans sa 6e centurie d’Historiarum anatomicarum variarum [Observations anatomiques diverses] (Copenhague, 1661) : v. note [5], lettre latine 197).

M. Alain Duc, agrégé de lettres classiques, m’a écrit le 9 janvier 2019 pour m’inviter à modifier ma première traduction de ce passage – ut fucum faceret quibusdam Medicis Monspeliensibus – en y remplaçant « pour jeter de la poudre aux yeux de certains médecins de Montpellier » par « pour fourber certains médecins de Montpellier » ; ce qui est plus léger et certainement plus conforme au style français de Guy Patin. À l’appui de sa proposition, il cite Le Dictionnaire royal, augmenté de nouveau, et enrichi d’un grand nombre d’expressions élégantes… Dernière édition, nouvellement augmentée de la plus grande partie des termes de tous les arts… Par le R. P. François Pomey, de la Compagnie de Jésus (Lyon, Louis Servant, 1716, in‑4o) : on y trouve, page 968, pour Alicui fucum facere le sens de « Tromper quelqu’un finement, ou par de belles paroles », « fourber ». Avec toute ma gratitude envers ce lecteur attentif et érudit, dont la remarque m’a comblé d’aise et fait découvrir un précieux dictionnaire.

V. notes [11], lettre 662, et [5], lettre latine 197, pour deux autres communications fort opportunes d’Alain Duc sur le même sujet, dont la première a identifié le fantasque Sauvage comme étant l’« imposteur » (impostor) qui avait divulgué la supercherie de la conception par imagination.

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Gerardus Leonardus Blasius, le 28 janvier 1661, note 39.

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=1187&cln=39

(Consulté le 14/04/2024)

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