À Claude I Belin, le 20 avril 1630
Note [4]

Deuxième grade universitaire de médecine, qu’on obtenait deux ans après le baccalauréat (v. note [2], lettre 39) et ordinairement six mois à un an avant le doctorat, la licence de médecine, déjà évoquée à propos des thèses (v. supra note [1]), conférait le droit d’exercer. Pour un médecin, l’année, les compagnons et le lieu (classement, v. note [8], lettre 3) de sa licence demeuraient le repère immuable et indélébile de ses études à la Faculté, avec ses trois thèses de bachelier. Le baccalauréat, le doctorat ou même la régence (première présidence d’une thèse) étaient d’ordinaire moins profondément gravés dans ses souvenirs d’étudiant. À cet égard, et bien qu’elle fût de nature tout à fait différente, la licence était un peu l’équivalent de ce qu’est aujourd’hui le concours d’internat (examen classant national). Comme le baccalauréat, la licence avait lieu chaque année paire. Élu doyen pour deux ans en novembre 1650, Guy Patin en a relaté tout le cérémonial : v. les Décrets et assemblées dans ses Commentaires de la Faculté, en date des dimanches 21 et 28, et du lundi 29 juillet 1652. Son épreuve la plus surprenante aujourd’hui était l’examen particulier des candidats (dont le nombre variait de 4 à 10 par promotion) par chacun des quelque 120 docteurs régents de la Faculté (v. note [13], lettre 155).

Quirin Le Vignon se trompait probablement quand il lui disait avoir été compagnon de licence de Claude i Belin : le premier a été reçu licencié en 1606, et le second en 1594. Le Vignon ne figure pas parmi les 15 bacheliers reçus la même année que Belin (en 1588). Les deux médecins avaient en commun l’âge tardif de leur installation définitive : Belin ne s’établit à Troyes que vers 1594, autour de 45 ans, et Le Vignon ne devint régent à Paris qu’en 1607, à 50 ans ; tous deux avaient connu une éclipse de plus de dix ans entre le début et la fin de leurs études médicales, sans doute due aux graves perturbations qui agitèrent la France avant et après l’assassinat d’Henri iii (1er août 1589) ; les Statuta F.M.P. de 1598 (art. xlix) font allusion à la vacuité des bancs de l’École qui en résulta :

Quod si Facultas Baccalaureorum inopia laboraret (quod expertum est hoc infœlici sexennio)…

[Que si la Faculté souffre d’un manque de bacheliers (comme c’est arrivé au cours des six malheureuses dernières années)]…

Imprimer cette note
Citer cette note

x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude I Belin, le 20 avril 1630. Note 4

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0001&cln=4

(Consulté le 20.01.2021)

Licence Creative Commons