À Charles Spon, le 10 avril 1654
Note [4]

« et je ne suis en effet pas solvable, mais je ne serai pas un débiteur ingrat. »

L’épître dédicatoire latine de Michel Duhan, en tête du De pharmacorum purgantium Facultatibus [Les Facultés des médicaments purgatifs, v. note [29], lettre 277] de Guillaume Dupuis (Lyon, Michel Duhan, 1654, in‑8o), commence par cette apostrophe :

Viro celeberrimo, ac summe venerando, Domino Guidoni Patino Bellovaco, Doctori Medico Parisiensi, longe peritissimo, necnon saluberrimi Parisiensum Medicorum Ordinis Decano meritissimo, felicitatem perpetuam.

[Félicité perpétuelle à Maître Guy Patin, natif de Beauvaisis, homme très célèbre et éminemment vénérable, docteur en médecine de Paris, grandement expérimenté, et aussi doyen très méritant de la très salubre Compagnie des médecins de Paris].

Duhan y attribue entièrement à Patin l’initiative de faire reparaître les deux petits livres de Guillaume Dupuis, « qui, avec une mémorable hardiesse, a entrepris d’explorer les causes les plus reculées du pouvoir cathartique et d’extraire leur vérité du fond du puits de Démocrite » : la gravure de frontispice montre un homme qui s’apprête à descendre dans un puits, assisté par deux vieillards barbus en longue robe ; celui de gauche lui passe un flambeau ; celui de droite s’apprête à actionner la manivelle qui déroulera la corde à laquelle se tient l’explorateur ; on lit sur le bas du puits : Δημοκριτου Φρεαρ [Le puits de Démocrite] (v. note [2], lettre 334).

Duhan remercie ensuite Patin d’y avoir ajouté, pour le plus grand profit des lecteurs, « l’avis de Jacques ii Cousinot, homme incomparable qui fut archiatre il n’y a pas si longtemps, et professeur royal, sur la Faculté purgative des médicaments, tiré de ses leçons » (v. note [37], lettre 332).

Au passage, le libraire ne manque pas de pincer la corde sensible :

« Une recherche de ce genre ne se fait pas sans clairvoyance, pour qui veut porter un jugement loyal sur les facultés obscures de diverses choses dont on vante partout les capacités à purger le corps humain ; comme par exemple, si la force de l’antimoine doit être reconnue pour hypercathartique ou pour vraiment purgative, dispute immense sur laquelle nous voyons aujourd’hui les médecins se déchirer par discours et par écrits : les uns l’admettent parmi le grand nombre des médicaments salutaires quand les autres, au contraire, lui confèrent certes le titre de médicament, mais non sans le considérer comme destructeur et meurtrier ; enfin il y a ceux qui le tiennent pour un pur et simple poison, et nullement pour un remède ; et même ceux qui le veulent terrasser en le poursuivant pour empoisonnement et homicide. »

Le tout dégouline de flatteries pompeuses et s’achève sur cette souscription :

Vale. Inclyti tui Nominis Devotissimus omnium Cultor, Michael Duhan, Bibliopola Lugdun.

[Salut et santé. Michel Duhan, libraire de Lyon, le plus zélé de tous les adorateurs de votre illustre nom].

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 10 avril 1654. Note 4

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(Consulté le 25.11.2020)

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