À Charles Spon, le 26 janvier 1655
Note [4]

Claude Lancelot (avec la collaboration d’Antoine Arnauld et Pierre Nicole) : Nouvelle méthode pour apprendre facilement et en peu de temps la langue latine, contenant les règles des genres, des déclinaisons, des prétérits, de la syntaxe, de la quantité, et des accents latins, mises en français… Avec un traité de la poésie latine et une brève instruction sur les règles de la poésie française. Quatrième édition, revue et corrigée de nouveau (Paris, Antoine Vitré, 1654, in‑12o ; première édition en 1644, nouvelle édition en 1656).

En écrivant française, Guy Patin voulait seulement dire qu’elle avait la particularité d’être écrite en français. La Nouvelle méthode pour apprendre facilement la langue grecque, contenant les règles des déclinaisons, des conjugaisons… (Paris, Antoine Vitré, 1654, in‑8o) devait moins intéresser notre auteur.

Lancelot (Paris vers 1615-Quimperlé 1695) avait été élevé dans la Communauté de Saint-Nicolas-du-Chardonnet (v. note [29] des Affaires de l’Université en 1651‑1652, dans les Commentaires de Guy Patin sur son décanat), développant de bonne heure son goût pour la piété et pour l’étude. En 1638, il était allé habiter la maison de Port-Royal de Paris en compagnie de Saint-Cyran, Séricourt, Le Maistre, etc. ; mais la même année, il avait dû l’abandonner lors de l’arrestation de l’abbé de Saint-Cyran, lequel avait formé le projet d’utiliser le savoir des solitaires de Port-Royal pour l’instruction de la jeunesse, et de joindre à l’enseignement des lettres et de la philosophie une étude sérieuse de la doctrine chrétienne (Petites écoles de Port-Royal). Après la mort de Saint-Cyran (1643), Lancelot, de concert avec Nicole, avait résolu de développer son projet pédagogique. En 1645, les deux solitaires avaient établi près de Port-Royal de Paris une école qui fut très fréquentée, puis ils la transportèrent près de Port-Royal-des-Champs ; mais en 1660, au plus fort de la persécution contre les jansénistes, elle fut fermée par ordre du roi. Lancelot fit ensuite l’éducation du duc de Chevreuse et des princes de Conti, puis se retira à l’abbaye de Saint-Cyran (1672) d’où il fut relégué à Quimperlé ; il y mourut dans les plus grandes austérités. Lancelot était un maître judicieux et un grammairien fort instruit. Il contribua puissamment à la réforme de l’enseignement introduite par Port-Royal en employant le français au lieu du latin, et en substituant des règles simples et claires aux inextricables subtilités des grammairiens alors suivis dans les écoles (G.D.U. xixe s.).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 26 janvier 1655. Note 4

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(Consulté le 25.11.2020)

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