À Charles Spon, le 26 janvier 1655
Note [4]

Nouvelle Méthode pour apprendre facilement, et en peu de temps la langue latine, contenant les rudiments et règles des genres, des déclinaisons, des prétérits, de la syntaxe, et de la quantité,. Mises en français, avec un ordre très clair et très abrégé. Dédiée au roi. {a}


  1. Paris, Antoine Vitré, 1644, in‑8o de 263 pages : première de très nombreuses éditions jusqu’au xixe s. (revues, corrigées et augmentées), dont la 4e a paru ibid. et id. en 1655.

    En la disant française, Guy Patin voulait seulement dire qu’elle avait la particularité d’être écrite en français. La Nouvelle méthode pour apprendre facilement la langue grecque… (Paris, Pierre le Petit, 1655, in‑8o de 574 pages) devait moins intéresser notre auteur.


Les auteurs de cet ouvrage pédagogique anonyme de tout premier rang sont les jansénistes Claude Lancelot, Antoine ii Arnauld (le Grand Arnauld, v. note [46], lettre 101) et Pierre Nicole (v. note [6] de Charles Challine, datée du 7 mars 1656).

Claude Lancelot (Paris vers 1615-Quimperlé 1695) avait été élevé dans la Communauté de Saint-Nicolas-du-Chardonnet (v. note [29] des Affaires de l’Université en 1651‑1652, dans les Commentaires de Guy Patin sur son décanat), développant de bonne heure son goût pour la piété et pour l’étude. En 1638, il était allé habiter la maison de Port-Royal de Paris en compagnie de Saint-Cyran, Séricourt, Le Maistre, etc. ; mais la même année, il avait dû l’abandonner lors de l’arrestation de l’abbé de Saint-Cyran, lequel avait formé le projet d’utiliser le savoir des solitaires de Port-Royal pour l’instruction de la jeunesse, et de joindre à l’enseignement des lettres et de la philosophie une étude sérieuse de la doctrine chrétienne (Petites écoles de Port-Royal). Après la mort de Saint-Cyran (1643), Lancelot, de concert avec Nicole, avait résolu de développer son projet pédagogique. En 1645, les deux solitaires avaient établi près de Port-Royal de Paris une école qui fut très fréquentée, puis ils la transportèrent près de Port-Royal-des-Champs ; mais en 1660, au plus fort de la persécution contre les jansénistes, elle fut fermée par ordre du roi. Lancelot fit ensuite l’éducation du duc de Chevreuse et des princes de Conti, puis se retira à l’abbaye de Saint-Cyran (1672) d’où il fut relégué à Quimperlé ; il y mourut dans les plus grandes austérités. Lancelot était un maître judicieux et un grammairien fort instruit. Il contribua puissamment à la réforme de l’enseignement introduite par Port-Royal en employant le français au lieu du latin, et en substituant des règles simples et claires aux inextricables subtilités des grammairiens alors suivis dans les écoles (G.D.U. xixe s.).

L’œuvre pédagogique de Lancelot, opposée à celle des jésuites, a été immense et durable, couvrant, outre les apprentissages du latin et du grec, ceux de l’italien et de l’espagnol, ainsi qu’une Grammaire générale et raisonnée de la langue française (Paris, 1768, pour la 3e édition).

Au xviiie s. on paru les Mémoires touchant la vie de Monsieur de S. Cyran. Par M. Lancelot. Pour servir d’éclaircissement à l’histoire de Port-Royal (Cologne, aux dépens de la Compagnie, 1738, in‑12) : tome premier (547 pages) et tome second (519 pages).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 26 janvier 1655. Note 4

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(Consulté le 25.09.2022)

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