À Thomas Bartholin, le 20 juin 1647, note 4.
Note [4]

Annonce des :

Thomæ Bartholini, Casp F. Anatomicæ Vindiciæ Cl. V. Casparo Hofmanno Med. Prof. Altorfino, aliisque oppositæ. Accedunt ejusdem Animadversiones in Anatomica Hoffmannisic >.

[Revendications anatomiques de Thomas Bartholin, fils de Caspar i, contre le très brillant Caspar Hofmann, professeur de médecine à Altdorf, {a} et d’autres auteurs. S’y ajoutent ses Remaques sur les ouvrages anatomiques de Hoffmann]. {b}


  1. Caspar Hofmann ne put répondre car il mourut le 3 novembre 1648 à Nuremberg.

  2. Copenhague, Melchior Martzan, 1648, in‑4o de 136 pages.

    Les Animadversiones in Anatomica Hofmanni [Remarques sur les ouvrages anatomiques de Hofmann], dont le nom est correctement orthographié à l’intérieur du livre, occupent les pages 117‑133.


L’épître dédicatoire à Corfitz Ulfeldt (v. note [11], lettre 263) est datée de Copenhague le 1er septembre 1648 ; elle commence par ces sentences solennelles et amères (que leur style pompeux rend délicates à bien traduire en français) :

Nullum magnum nomen sine ividia, nec sine mordacis æmuli insidiis virtus ulla inter mortales enituit. Experiuntur quicunque recti justique viam calcant, intercurrentia non raro pedum ludibria, quæ gressus vel tentent, vel fallant. Ita est profecto cum Eruditis comparatum, quemadmodum cibus vitæ et interitus siceadem illis famæ est causa et exitii, ut si recte rationem ponamus, nihil trutius sit vel ignorantia, vel scribendi deliquio, quibus famam vel non meremur, vel meritam evitamus. Quæ Parentis fuerit conditio, nolim hic operosius pertexere, satis nota, qui non unum virtute et publico juvandi studio mercatus sibi est invitus obtrectatorem, tanto post fata infelicior, quod filium non tam laudis et eruditionis, quam inimicorum hæredem scripserit, quos proprio quoque in publicum conferendi labore et paternæ sed necessariæ vindictæ debuit.

[Il n’existe pas de grande célébrité sans jalousie, et nulle grande vertu n’a brillé parmi les mortels sans subir les embuscades de quelque caustique rival. Tous ceux qui marchent droit sur le chemin peuvent souvent trébucher, et alors se rattraper ou tomber. Voilà bien ce qui arrive aux savants : ce qui nourrit leur célébrité et leur déclin détermine aussi leur vie et leur mort ; de sorte qu’écrire des âneries ou ne plus écrire du tout revient pour eux à ne pas mériter de célébrité ou à tuer celle qu’ils se sont acquise. Sans vouloir entrer dans les détails car ils sont assez connus, tel fut le sort de mon père qui, en dépit de sa vertu et de son application à servir le public, s’est acquis plus d’un détracteur. Cela a rendu fort malheureux le fils qu’il avait institué comme héritier de sa gloire et de son érudition, mais surtout de ses ennemis ; il a donc dû prendre la peine de venger publiquement son père contre leurs attaques].

Thomas Bartholin avait alors déjà publié et enrichi à deux reprises (1641 et 1645) les Institutiones anatomicæ [Institutions anatomiques] de son père (v. note [1], lettre 306).

Imprimer cette note
Citer cette note
x
Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Thomas Bartholin, le 20 juin 1647, note 4.

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=1044&cln=4

(Consulté le 21/07/2024)

Licence Creative Commons