À Gerardus Leonardus Blasius, le 28 janvier 1661, note 47.
Note [47]

La page 155 des Commentaria traite de la salive (glandes qui la sécrètent, rôle dans la préparation des aliments à la digestion), mais sans mention de la langue.

En faisant le savant, Guy Patin conduit ici, malgré lui, à découvrir que Marc Duncan (v. note [50], lettre 97), qui aimait à se cacher derrière le titre fictif de sieur de Cérisantes, n’est pas l’auteur, mais le dédicataire (« À Monsieur Duncan, docteur en la Faculté de médecine, professeur en grec et principal en l’Académie de Saumur ») de l’Aglossostomographie, ou Description d’une bouche sans langue, laquelle parle et fait naturellement toutes ses autres fonctions. Par Me Jacques Roland, Sr de Belebat, chirurgien de Monseigneur le Prince, lieutenant du premier barbier chirurgien du roi, commis de son premier médecin et juré à Saumur (Saumur, pour Claude Girard et Daniel de l’Erpinière, 1630, in‑8o).

Parmi les pièces liminaires, ce sonnet de Louis Aubery Du Maurier (1609-1687) résume l’affaire :

« Quel miracle nouveau, quelle chose arrivée,
Que tous les plus savants niaient si vivement,
Qu’aucun homme ne vit jamais par ci-devant
De divers mouvements agite ma pensée.

C’est un enfant duquel la langue étant tombée
Sans qu’il en restât rien par étrange accident, {a}
Ne laisse néanmoins de parler aisément,
Sa parole n’étant nullement empêchée.

Ce cas est merveilleux, ce miracle est très grand,
Mais il est surpassé par l’écrit de Roland
Lequel vivra toujours sur la terre et sur l’onde,

Car au sein de Duncan que craindre désormais ?
Sous un tel protecteur on ne périt jamais,
Pourvu que le savoir demeure en ce bas monde. »


  1. Une petite vérole (variole) à l’âge de 5 ou 6 ans (vpages 2‑3).

On pourrait se demander si Jacques Roland de Belebat n’était pas un facétieux pseudonyme de Marc Duncan, mais la BnF (cote RC‑A‑93373) conserve son portrait, « maître chirurgien âgé de 40 ans – 1630 », signé Foucher, attribué à Nicolas Foucher (1653-1733, ce qui est incompatible avec la date du dessin). Roland est aussi auteur d’un autre livre intitulé Antiloimie, ou Contre-peste, œuvre chirurgique qui traite des moyens de préserver et de guérir chacun de la maladie pestilentieuse… (Rouen, Claude le Villain, 1630, in‑12, pour la seconde édition).

Gerardus Leonardus Blasius a repris le propos de Guy Patin dans la 2e édition de son commentaire en 1666 (v. infra note [57‑7]).

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Gerardus Leonardus Blasius, le 28 janvier 1661, note 47.

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=1187&cln=47

(Consulté le 21/04/2024)

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