À Charles Spon, le 17 septembre 1649
Note [5]

Journal de la Fronde (volume i, fo 95 vo, septembre 1649) :

« Le 10, les libraires du Pont-Neuf ayant été chez le premier président et lui ayant représenté que le feu roi Henri iv leur avait donné ces places, dans la jouissance desquelles ils avaient été maintenus par le feu roi Louis xiii, et qu’ainsi on ne les leur pouvait ôter sans injustice, il leur dit que c’était la volonté de la Cour et qu’il fallait passer par là ; et n’en pouvant tirer d’autre raison, ils se retirèrent en murmurant fort contre lui. De là ils furent trouver M. le duc d’Orléans pour lui demander protection, mais il leur dit qu’il ne pouvait rien dans cette affaire, ce qui les fit résoudre d’aller, le lendemain {a} 11, attendre la reine à Notre-Dame, comme ils firent ; et lui ayant dit qu’ils étaient au désespoir, ne pouvant même trouver où se loger à cause que l’on les voulait chasser des maisons qu’ils occupaient suivant les termes de l’arrêt donné contre eux, enfin murmurant contre le premier président, Sa Majesté leur accorda qu’ils y demeureraient encore trois mois, pendant lesquels elle leur dit qu’ils cherchassent des logements à l’Université, et qu’elle voulait qu’on observât les statuts qui défendaient aux libraires de s’étendre dans la ville plus avant que l’église Saint-Yves. » {b}


  1. Samedi.

  2. Rue Saint-Jacques, à hauteur de son actuel croisement avec le boulevard Saint-Germain.

    V. note [13] des Affaires de l’Université en 1650‑1651, dans les Commentaires de Guy Patin sur son décanat, pour la soumission des libraires imprimeurs à l’Université de Paris.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 17 septembre 1649. Note 5

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(Consulté le 14.10.2019)

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