À Hugues II de Salins, le 7 septembre 1660, note 6.
Note [6]

Je n’ai pas trouvé ce dicton dans les ouvrages de Mercurial (Girolamo Mercuriali, médecin italien du xvie s., v. note [16], lettre 18), mais je ne suis pas revenu bredouille de mes recherches.

  • Jean Verdier, La Jurisprudence de la médecine en France… (Alençon, Malassis le Jeune, 1763, tome i, pages 706‑707) :

    « Les promesses absolues d’une guérison certaine et les grands discours sont l’effet de l’ignorance et de la témérité. En effet, ces vices étant contraires à la nature de l’art, suivant cette assertion d’Hippocrate, Medicina multum posse sibi non arrogat, {a} ils ne peuvent appartenir qu’à ceux qui ne le connaissent point ; ceux qui le connaissent se sont toujours élevés contre les grands parleurs. Medicus ab opere, non a sermone ; a medendo, non a dicendo, {b} dit Hippocrate ; petulans et garrulus non sit, {c} dit-il en plusieurs endroits. Il est dit dans les épigrammes grecques qu’un médecin grand causeur est une seconde maladie pour le patient : Medicus garrulus, ægrotanti, iterum morbus. Virgile appelle la médecine un art muet. »


    1. « La médecine ne s’arroge pas un pouvoir immense ».

    2. « Le médecin se juge sur ses actes, pas sur ses discours ; à sa capacité de remédier et non de parler ».

    3. « qu’il ne soit ni bavard, ni impudent ».

  • Plus près de Guy Patin, François i de La Mothe Le Vayer, {a} Doute sceptique (tome xiii, page 367) : {b}

    « Pétrarque remontrait à un médecin de ses amis qu’il avait tort de faire parade de son éloquence dans l’exercice de sa charge, herbis enim non verbis opus est ; {c} ou comme parlait un autre, gramine, non carmine. {d} Et cela est conforme à cette sentence grecque écrite il y a si longtemps,

    Ιατρος αδολεσχος νοσομυ τι παλιν νοσος,
    Medicus garrulus laboranti rursus morbus est. {e}

    Cependant, les plus grands causeurs, et ceux qui savent le mieux babiller au chevet du lit des dames, sont presque toujours les plus employés, les autres demeurant la plupart du temps sans pratique. »


    1. V. note [14], lettre 172.

    2. Œuvres, Paris, Louis Billaine, 1669, 15 tomes in‑8o.

    3. « c’est une affaire d’herbes et non de verbe ».

    4. « d’herbe et non de poésie. »

    5. « Un médecin bavard est une maladie de plus pour le patient » : ce vers anonyme est cité comme e diversis poetis [tiré de divers poètes] dans plusieurs recueils que j’ai consultés, mais sans jamais être attribué à Athénée de Naucratis (v. note [17], lettre de Charles Spon datée du 6 avril 1657).

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Hugues II de Salins, le 7 septembre 1660, note 6.

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0634&cln=6

(Consulté le 27/02/2024)

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