À Claude II Belin, le 28 octobre 1631
Note [7]

Avicenne est le nom occidentalisé du médecin persan Abu Ali Ibn Sina (Afshana près de Bokhara [v. note [2] de la lettre de Vopiscus Fortunatus Plempius, le  13 décembre 1656] 980-Hamadan 1036). Son éducation, commencée dès l’âge de cinq ans à Bokhara où son père le conduisit, fut terminée à 18 avec un tel succès qu’elle le plaça au niveau de ses maîtres dans toutes les branches des connaissances humaines qu’on cultivait alors : il étudia la philosophie sous Abu Narsalfarabi, la médecine sous le nestorien Abu Sahal Mosichi et l’histoire naturelle dans les livres d’Aristote. Il abandonna la métaphysique de cet auteur après l’avoir lue un grand nombre de fois sans la comprendre. Il entreprit alors une carrière médicale à éclipses, alternant entre le plus insigne renom et le bannissement. L’abus des plaisirs mina sa constitution ; il mourut d’une prise de mithridate auquel son domestique avait ajouté une dose trop forte d’opium.

Les ouvrages d’Avicenne forment deux classes, dont l’une comprend ce qui a rapport à la philosophie et l’autre tout ce qu’il a écrit sur la médecine, sous le titre de Canon ou Règle (v. note [11], lettre 11). Sa thérapeutique, beaucoup plus riche que celle des Grecs, est ce qu’il y a de plus remarquable : on y trouve une défense résolue de la saignée et l’introduction de nombreux médicaments dérivés des plantes et des minéraux, que Patin rejetait globalement (à l’exception du séné) sous le qualificatif méprisant d’épicerie arabesque (Castel in Panckoucke).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 28 octobre 1631. Note 7

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(Consulté le 04.06.2020)

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