À Sebastian Scheffer, le 24 mai 1665
Note [74]

Page 360 (Paris, 1646), toujours au sujet du mastic (v. supra note [73]), ligne 21 (§ 20), remplacer et [et] par etiam [même] dans :

Utebantur veteres in sputo quoque sanguinis, et inde pendente phthisi, tussique antiqua. In inflammationibus et [etiam] viscerum internis valde necessarius est usus ipsius, ob scopum adstringendi, quo præterito, non uno loco accusat Galenus Thessalios asinos, quod multos occiderint.

[Les Anciens l’utilisaient aussi dans le crachement de sang, avec alors menace de phtisie, et dans la toux chronique. Son emploi est (même) tout à fait nécessaire, comme astringent, dans les inflammations {a} internes des viscères ; en maints endroits, Galien accuse les ânes de Thessalos {b} d’avoir omis de le prescrire, parce qu’ils ont tant tué de gens].


  1. V. note [6], lettre latine 412.

  2. Raillerie visant Thessalus ou Thessalos de Tralles, qui fut une sorte de Paracelse de l’Antiquité : médecin grec de Rome au ier s., il a créé la secte des méthodistes, médit contre Hippocrate, et promu une pathologie et une thérapeutique principalement fondées sur l’astrologie. Un siècle plus tard, Galien l’a fustigé en maints endroits de ses écrits. Le passage le plus vif se trouve dans le livre xiii de Methodo medendi [Méthode pour remédier] (chapitre xv, Kühn, volume 10, pages 915‑916, traduit du grec) :

    Atque hanc laudem Thessalius asinus inter multos spectatores est consequutus, ostendens explicatum a phlegmone hominem intra quatuor, ut pollicitus est dies. Reliqui vero methodici quum innumeros quotidie jugulent, adeo rationem curandi mutare adhuc nolunt, ut quæ a medicis sunt scripta, qui artis operibus vere insudarunt, ne vel semel experiri velint, adeo indelibile vitium vehemens ignorantia est, præsertim si cum superbia sit conjuncta. Ejusmodi igitur in omnibus sunt Thessali sectatores.

    [Parmi quantité de contemplateurs, l’âne Thessalos {i} a obtenu sa gloire en proclamant, promettait-il, de guérir en quatre jours un homme atteint de phlegmon. Bien qu’ils tuent tous les jours quantité de gens, les méthodistes qui subsistent refusent toujours de changer leur méthode thérapeutique, à tel point qu’ils ne voudraient jamais appliquer ce qu’ont écrit les médecins qui ont vraiment transpiré sur les opérations de l’art ; tant la lourde ignorance est vice indélébile, tout particulièrement quand elle est mêlée à l’insolence. {ii} Tels sont, entre tous, les sectateurs de Thessalos].

    1. Θεσσαλειος ονος, Thessaleios onos, dans l’original grec.

    2. On peut même traduire αλαζονια par « charlatanerie ».

La réédition de Francfort (1667, page 286) a appliqué cette correction.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Sebastian Scheffer, le 24 mai 1665. Note 74

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(Consulté le 07.12.2022)

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