À Claude II Belin, le 25 août 1642, note 8.
Note [8]

Le Capucin, traité auquel est décrite et examinée l’origine des capucins, leurs vœux, règles et disciplines : par Pierre Du Moulin, {a} Ministre de la Parole de Dieu. i. Timothée chap. 4 vers. 8. L’exercice corporel est profitable à peu de choses ; mais la piété est profitable à toutes choses, ayant les promesses de la vie présente, et de celle qui est à venir. Avec approbation du Conseil des Modérateurs. {b}


  1. Pierre i Du Moulin, v. note [9], lettre 29.

  2. Genève, Jacques De la Pierre, jouxte la copie imprimée à Sedan, 1641, petit in‑fo de 80 pages.

    À Paris, cette satire antimonastique, tout particulièrement dirigée contre le Père Joseph, fut brûlée par les mains du bourreau.


Du Moulin n’épargnait pas non plus les jésuites (pages 2‑3) :

« Les jésuites ne mendient point et ont rejeté les austérités des frères mineurs, {a} et ne veulent pas être appelés moines. Ils sont bien chaussés et chaudement vêtus, couchent en de bons lits. Et ceux qu’on appelle pères, qui sont les principaux du Collège, {b} ont leur table couverte de très bonnes viandes. Ils travaillent avec grande industrie à amaser des richesses, combien que Ignace de Loyola, {c} leur fondateur, ait mendié. Ils font vœu de ne se marier jamais ; mais leur principal vœu, et auquel ils s’adonnent le plus, est le vœu d’obéissance aveugle, par laquelle ils s’astreignent à obéir à leur supérieur en tout ce qui leur est commandé, sans s’enquérir si la chose est bonne ou mauvaise ; car ils veulent que toujours on présuppose que la chose est bonne. Laquelle obédience a coûté la vie à plusieurs rois et pricnes ; notamment à cet excellent prince Guillaume de Nassau, prince d’Orange, grand-père de Monseigneur le duc de Bouillon, tué à Delft par Balthazar Gérad de la Franche-Comté, poussé à ce faire par les jésuites de Trèves ; {d} dont le procès et l’interrogatoire se trouvent à Delft en Hollande. Ils disent voirement {e} qu’il ne faut rien faire contre les commandements de Dieu, mais ils ne permettent pas à ceux auxquels le supérieur fait quelque commandement d’examiner si ce commandement est conforme au commandement de Dieu ; car, comme dit le pape Jules iii en la bulle que Ribadeneira a insérée en la vie d’Ignace, Christum in Præposito præsentem agnoscunt. Ils reconnaissent que Jésus-Christ est présent en la personne du supérieur. » {f}


  1. Franciscains, dont les capucins.

  2. À Paris, le Collège de Clermont, v. note [2], lettre 381.

  3. V. note [1], lettre 46.

  4. V. notes [2], notule {d}, lettre latine 452, pour Guillaume le Taciturne et les circonstances de sa mort, et [8], lettre 66, pour sa parenté avec le duc de Bouillon.

  5. Vraiment.

  6. V. notes [12], lettre latine 151, pour Jules iii, et [22] du Patiniana I‑3, pour l’hagiographe jésuite Pedro de Ribadeneira.

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 25 août 1642, note 8.

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(Consulté le 26/05/2024)

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