À Claude II Belin, le 28 juillet 1642
Note [8]

Le prince d’Orange, stathouder des Provinces-Unies et comte de Breda, était alors Frédéric Henri de Nassau (Frederik Hendrik Graaf van Nassau, Prins van Oranje ; Delft 1584-La Haye 14 mars 1647). Fils benjamin de Guillaume ier d’Orange, le Taciturne (1533-1584), et de sa quatrième épouse, Louise de Coligny, fille de l’amiral de Coligny, il avait succédé à son frère aîné, Maurice, en 1625. Sa vie fut remplie par sa lutte contre l’Espagne en faveur de l’indépendance de sa patrie, qu’il mena à un état de puissance et de prospérité inégalées. Par le traité de Paris, il avait en 1636 conclu une alliance avec la France ; mais il s’en dégagea plus tard pour traiter directement avec l’Espagne.

Frédéric Henri était oncle du duc de Bouillon, Frédéric-Maurice de la Tour d’Auvergne (Sedan 1605-Pontoise 9 août 1652), fils aîné d’Henri, prince de Sedan (v. note [2], lettre 187), et d’Élisabeth de Nassau, fille de Guillaume le Taciturne. Le frère cadet de Frédéric-Maurice était le maréchal de Turenne (v. note [9], lettre 135). À la mort de son père, Frédéric-Maurice, à peine âgé de 17 ans, était devenu duc de Bouillon et prince de Sedan. Il avait fait ses premières armes en Hollande, sous les ordres du prince d’Orange, son oncle. Il était entré en 1635 au service de la France avec le grade de maréchal de camp. En 1641, de concert avec le comte de Soissons, résolu à écarter Richelieu du pouvoir, il s’était joint aux Espagnols et avait combattu les Français, qu’il avait mis en déroute à la bataille de La Marfée (v. note [1], lettre 110) ; mais après cette victoire, abandonné par les Espagnols, il s’était retiré à Sedan et avait fait sa paix avec le roi. Devenu lieutenant général en 1642, il avait le commandement de l’armée française en Italie ; mais compromis dans le complot de Cinq-Mars, il fut arrêté, emprisonné à Lyon, et peut-être eût-il été mis à mort si sa femme, comprenant l’étendue du péril, n’était accourue pour déclarer qu’elle livrerait Sedan aux Espagnols si son mari n’était pas amnistié. Sous cette menace, Richelieu fit sortir le duc de prison. En 1644, Frédéric-Maurice allait quitter la France, passer en Italie, abjurer le protestantisme et recevoir le commandement des troupes du pape. De retour en France en 1645, il se déclara contre Mazarin et se jeta en 1648 dans le parti de la Fronde avec son frère Turenne (G.D.U. xixe s.).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 28 juillet 1642. Note 8

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(Consulté le 06.08.2020)

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