À Claude II Belin, le 12 septembre 1646
Note [9]

Henri de La Tour d’Auvergne (Sedan 1611-Salzbach 1675), vicomte de Turenne (v. note [7], lettre 223), était le second fils d’Henri, duc de Bouillon (v. note [2], lettre 187), prince de Sedan, et d’Élisabeth de Nassau, fille de Guillaume le Taciturne. Son frère aîné était Frédéric-Maurice, duc de Bouillon (v. note [8], lettre 66). Élevé dans la religion protestante (qu’il n’abandonna pour le catholicisme qu’en 1668), Henri avait fait son apprentissage de la guerre en Hollande (1625-1630) sous ses oncles Maurice et Henri de Nassau, puis s’était distingué en de multiples campagnes au service de la France. Nommé maréchal en 1643, Turenne poursuivait alors la campagne de 1646, entreprise de concert avec les Suédois, qui établit sa réputation de grand capitaine. Elle fut marquée par une série d’opérations hardies et amena l’électeur de Bavière, dont les États furent envahis, à demander la paix (Trêve d’Ulm, 14 mars 1647). La suite des lettres a souvent évoqué le reste de sa brillante carrière au service de la Couronne de France, avec une courte éclipse durant la Fronde.

Place forte du Wurtenberg, sur le Neckar, à mi-distance entre Stuttgart au sud et Mannheim au nord, Heilbronn se trouvait alors sur la route des armées coalisées de France (sous le commandement de Turenne) et de Suède (sous celui de Wrangel) qui cherchaient à envahir la Bavière fidèle à l’empereur (Bogdan). En Italie, le maréchal de La Meilleraye, grand-maître de l’Artillerie, avait reçu le commandement d’une nouvelle expédition entreprise par la France contre la Toscane. Il s’empara le 8 octobre de Porto-Longone, place forte de l’île d’Elbe (v. note [48], lettre 229) occupée par les Espagnols, et le 11 octobre de la ville de Piombino située sur la côte toscane (v. note [2], lettre 234) en face de cette île. En Catalogne, Lérida ne fut pas prise, d’Harcourt fut à son tour obligé d’en lever le siège au mois de décembre suivant. Le même échec attendait le prince de Condé lui-même pendant sa campagne de Catalogne de 1647 (Triaire).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 12 septembre 1646. Note 9

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(Consulté le 01.12.2020)

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