À Charles Spon, le 15 octobre 1654
Note [9]

Comme des vaisseaux maltais avaient commis des pirateries sur la flotte turque puis étaient partis se réfugier dans les eaux vénitiennes, le sultan Ibrahim le Fou avait décidé la conquête de la Crète, dernière des possessions insulaires que Venise conservait hors de l’Adriatique. Le débarquement turc avait eu lieu en juin 1645 sans déclaration de guerre préalable. Venise avait réagi aussitôt, appelant le pape à l’aide. Les hostilités durèrent 24 ans, concentrées autour du siège de Candie (1649-1669). Depuis 1648, un nouveau sultan régnait en Turquie, Mehmed iv, aidé du grands vizir Köprülü, puis de son fils (en 1661).

Gazette, ordinaire no 131 du 10 octobre 1654 (pages 1082‑1083 :

« De Venise, ledit jour 14 septembre 1654. […] Les dernières lettres de Candie nous apprennent que la plupart de notre armée navale était à Andro avec le généralissime Moccenigo, et les gros vaisseaux de celle des Turcs, avec les galères subtiles, {a} toujours en l’île de Scio ; {b} qu’une autre escadre avait fait voile vers les Dardanelles {c} pour retourner à Constantinople ; et le reste de leur flotte, consistant en 40 galères bien armées, était demeuré en mer avec le bassa général pour tenter derechef le secours de La Canée ; mais que les commandants des Beïs étaient si mal satisfaits de ce bassa qu’ils l’avaient tous abandonné. On nous écrit aussi de Dalmatie que les neiges ont obligé les Turcs de se retirer par-delà les montagnes plus tôt que les années précédentes ; de sorte qu’il n’y a plus rien à craindre dans cette province. »


  1. Légères.

  2. Chio (ou Chios), v. note [1] du Naudæana 1.

  3. V. note [51], lettre 413.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 15 octobre 1654. Note 9

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(Consulté le 05.10.2022)

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