À Johann Daniel Horst, le 8 mars 1658
Note [9]

V. note [19], lettre 418, pour Jean-Claude de La Courvée, son De Nutritione fœtus in utero Paradoxa [Paradoxe concernant la nutrition du fœtus dans l’utérus] (Dantzig, 1655) et ses idées saugrenues sur le sujet.

Le corpus hippocratique est riche en considérations sur la croissance du fœtus et sur sa nutrition. Ce passage du traité Des Chairs correspond probablement à ce que pensait Guy Patin (Littré Hip, volume viii, pages 593‑595) :

« L’enfant, dans le ventre maternel, ayant les lèvres continuellement rapprochées, suce la matrice et tire l’aliment et l’air dans le dedans du cœur, car cet air est très chaud chez l’enfant, autant du moins que respire la mère ; or le chaud donne le mouvement à l’air et au corps, ainsi qu’à tout le reste. Si l’on demande comment l’on s’est convaincu que l’enfant dans la matrice suce et attire, on répondra ceci : l’enfant naît ayant des matières excrémentielles dans l’intestin, et il les rend aussitôt qu’il vient au monde, les hommes comme les animaux ; {a} or il n’aurait pas de matières excrémentielles s’il n’avait sucé dans la matrice, et à la naissance, il ne saurait prendre tout d’abord le mamelon si, dans l’utérus, il n’avait usé de la succion. »


  1. Cette première défécation porte le nom de méconium (v. note [10], lettre d’Hugues de Salins, datée du 16 décembre 1656).

Dans ses Institutions anatomiques (v. note [27], lettre 152), Caspar Bartholin, le père de Thomas, avait au contraire défendu la juste opinion que la nutrition du fœtus se fait par les vaisseaux ombilicaux (Livre premier, chapitre xxxvii, Des vaisseaux ombilicaux).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Johann Daniel Horst, le 8 mars 1658. Note 9

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(Consulté le 21.10.2019)

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