De Claude II Belin, le 31 janvier 1657, note 9.
Note [9]

Claude ii Belin signalait ce passage (page 303) de la lettre de Ioannes Tritemius abbas S. Iacobi Herbipolensis, Iacobo Kymolano Carmelitani ordinis Theologo et mathematico [Jean Trithème, abbé de Saint-Jacques de Wurtzbourg, à Jacobus Kymolanus, carme (de Gand) théologien et mathématicien] datée de Wurtzbourg (Bavière) le 16 août 1507 :

Quid opus est multa legendo percurrere, cum sufficere ad necessariam eruditionem paucula queant ? Scatet hodie voluminibus mundus, totque in lucem quotidie veniunt libri, ut nemo sit qui legere omnes possit. Ars enim quam impressoriam vocant tempore infantiæ meæ apud Moguntiam metropolim Francorum inventa, infinita pene et veterum et novorum volumina quotidie producit in lucem. Ioannes Amorbachius, civis Basiliensis, vir doctus et integerrimus, anno præterito omnes divi Augustini libros quotquot invenire potuit in quindecim voluminibus satis emendate impressit. Simili diligentia formis excussit omnia opera sanctorum Hieronymi et Ambrosii, impressurus etiam de novo divi Papæ Gregorii opuscula, quorum aliqua male, aliqua vero nunquam fuerunt impressa. Sed de his hactenus.

[Pourquoi faut-il s’échiner à lire tant de livres, quand si peu pourraient suffire à satisfaire le savoir ? Les volumes pullulent aujourd’hui dans le monde et on publie chaque jour tant d’ouvrages que personne ne peut les lire tous. L’art qu’on appelle l’imprimerie a été inventé du temps de mon enfance à Mayence, capitale des Francs. {a} On y a publié chaque jour un nombre presque infini de textes anciens et modernes. L’an dernier, le savant et très intègre Johann Amerbach, citoyen de Bâle, a imprimé assez correctement en quinze volumes tous les livres de saint Augustin qu’il a pu trouver. {b} Avec le même soin, il a publié les œuvres complètes de saint Jérôme et saint Ambroise ; il s’apprêtait même à imprimer pour la première fois les opuscules du saint pape Grégoire, {c} mais pour quelque bonne ou mauvaise raison, elles ne le furent jamais. En voilà pourtant assez là-dessus].


  1. Mayence (Mogontiacum ou Moguntia en latin, Mainz en allemand) aujourd’hui capitale de Rhénanie-Palatinat (au sud de la Westphalie) était une ville du cercle électoral du Rhin, située sur ce fleuve en regard de l’embouchure du Main, et siège d’un archevêché. C’est la ville où le Mérovingien Clovis, roi des Francs, se fit baptiser en 496, et celle où naquit et vécut Johannes Gutenberg, célèbre inventeur vers 1450 des caractères mobiles d’imprimerie typographique (v. note [13], lettre latine 7).

  2. Johann Amerbach (Amorbach, Bavière, vers 1440-Bâle 1513) fut le premier imprimeur à substituer les caractères romans aux gothiques. Ceux qu’il utilisa pour imprimer les œuvres de saint Augustin en 1506 ont donné son nom au saint-augustin (v. note [7], lettre 71).

  3. Grégoire ier le Grand, pape de 590 à 604 ( v. note [19], § 2, du Naudæana 3).

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – De Claude II Belin, le 31 janvier 1657, note 9.

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(Consulté le 15/04/2024)

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