À André Falconet, le 12 octobre 1669

Note [11]

Vain espoir de Guy Patin : promis depuis la fin du mois d’août, le départ du maréchal de Bellefonds {a} pour Candie, en vue de secourir le contingent français, ne se fit jamais ; la nouvelle de la capitulation vénitienne finit par arriver en France, rendant tout renfort inutile ; l’émissaire du Grand Turc en France, Soliman Aga, {b} avait une corde de plus à son arc. Les gazettes allaient bientôt tout révéler, telle la Gazette de Londres (no 308, depuis le lundi 21 octobre jusqu’au jeudi 25 octobre) : {d}

« De Paris, le 20 octobre 1669. Le roi ne paraît nullement satisfait du retour du duc de Navailles {e} de l’expédition de Candie, comme étant une chose contraire aux ordres qu’il avait, et aux promesses que Sa Majesté avait faites au pape et à la République de Venise. L’on prétend même que, pour n’avoir pas demeuré plus longtemps dans la place, le général vénitien a été mis hors d’état d’en continuer la défense et par conséquent, obligé de capituler avec les Turcs, aux conditions les plus avantageuses qu’il lui a été possible d’obtenir d’eux. Le roi, pour témoigner le mécontentement qu’il en a, lui a dépêché un valet de pied pour lui porter une lettre de cachet par laquelle Sa Majesté lui défend de venir à la cour et lui enjoint de s’en aller en sa terre de Niort, pour y demeurer jusqu’à nouvel ordre. Comme l’emploi du maréchal de Bellefonds pour aller commander dans le Levant le nouveau secours français, qui avait été destiné pour les Vénitiens, cesse à présent par cette capitulation, il a pris résolution d’aller rendre visite à Mme la comtesse de Schomberg à La Rochelle, où son indisposition a retardé, pour quelque temps, le voyage du comte son mari {f} à Lisbonne ; mais elle est maintenant bien guérie. » {g}


  1. V. note [9], lettre 909.

  2. V. note [2], lettre 949.

  3. Sur la reddition de Candie aux Turcs, la Gazette de France, organe du pouvoir royal, en disait évidemment bien moins long que celles d’Amsterdam (v. supra notes [1] et [3]) ou de Londres (traduction française de The London Gazette, créée en 1665 par Thomas Muddyman).

  4. Philippe de Montault du Bénac, v. note [3], lettre 697.

  5. V. note [15], lettre 660.

  6. La consternation catastrophée de Patin dans sa lettre suivante à André Falconet fait écho à l’impact de la nouvelle sur l’opinion française.


Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 12 octobre 1669, note 11.

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(Consulté le 21/04/2024)

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